Publié l'été dernier sur le blog de la Charente-Libre, ce texte d'humeur de Jacques GUYON qu'il fallait absolument que je vous fasse lire. Derrière l'humour, il y a vraiment de quoi pleurer. Bien entendu, tout cela doit être nuancé, comme pour le RMI, il y a des professionnels de la combine qui se retrouvent bénéficiaires de la CMU sans y avoir droit... Mais bon est-ce une raison ? Quand on vous dit que nous vivons un fascisme ordinaire et encore discret. Mais ce qui est rassurant, c'est que loin au-dessus de ces petits messieurs qui ne perçoivent la vie qu'au prisme du profit et de l'argent, il existe des hommes et des femmes, discrets, humbles et déterminés qui se frayent un chemin dans nos coeurs, et ont choisi de servir "Nos seigneurs les pauvres et les malades".
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écidément, l'aphorisme selon lequel il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade est plus que jamais d'actualité. Toutes les recettes semblent en effet désormais bonnes à prendre pour remettre la Sécu à flot. Et peu importe si ce sont les plus faibles qui trinquent. Après les taxes sur l'alcool, après la traque aux fumeurs et en attendant l'éradication des obèses, lesquels font l'objet d'une attention particulièrement intéressée de la part de Bercy et du ministère de la Santé, voilà que ce sont maintenant les "bénéficiaires" de la Couverture Maladie Universelle qui sont dans le collimateur. Dans une circulaire passée inaperçue avant qu'un collectif de médecins généralistes ne s'émeuve et alerte le journal L'Humanité, en même temps que la Haute autorité de lutte contre les discriminations, le directeur de la Caisse d'Assurance-maladie invite ainsi le corps médical à signaler les bénéficiaires du CMU qui auraient des "comportements inappropriés". Et le directeur de la CNAM d'expliciter sa pensée: on ne peut pas prétendre continuer à bénéficier du CMU, et donc à se faire soigner sans débourser un euro, si on est en retard à un rendez-vous médical, si on n'a pas pris soin de prévenir pour l'annuler, si on suit mal ou, pire, si on interrompt ses traitements et enfin si on présente à son praticien des... "exigences exorbitantes". Même si ce dernier critère reste ambigu, on ne peut s'empêcher de penser que ce qui apparaît sans doute "exorbitant" à la CNAM, c'est la gratuité des soins accordés à des pauvres lesquels ont, en plus, l'outrecuidance de se comporter comme s'ils étaient... comme les autres. On ne peut évidemment s'empêcher de penser qu'au train où vont les choses, la CNAM ne va pas tarder à étoffer sa liste des "comportements inappropriés". Est-il en effet tolérable que des malades bénéficiant de la CMU continuent à fumer leur clope, à se payer un apéro de temps en temps, à manger gras, à refuser de faire l'effort de "manger au moins cinq fruits ou légumes par jour" ? Tout ça rappelle furieusement les dames patronnesses du Grand Jacques et leur façon de gérer leurs bonnes œuvres en fonction de leurs "bons" pauvres... L'ennui, c'est que même si parfois les bénéficiaires du CMU arrivent en retard à leurs rendez-vous, ils sont de plus en plus nombreux à faire la queue dans les salles d'attente: aujourd'hui 17% des enfants de moins de 10 ans vivent dans un foyer CMU...

3 commentaire(s):
....à donner la chair de poule ...mon dimanche ne débute pas comme les autres , en vous lisant ... pas grave : c'est salutaire d'être secoué de temps en temps ... histoire de moins râler quand le café est tiède et les toasts trop grillés . Penser à lui et à elle qui les trouveraient délicieux ...
Merci Lorenzo
Anita
As tu des nouvelles de Olivier, poussières d'étoiles ? Sais tu où il a migré ? Merci
Qui en france est capable ou a la volonté, de decripter, de faire savoir, jour après jours ce que tu décris et dénonce là ? Où sont nos intellectuels et nos philosophes, en quels lieux parlent ils dans notre société française ? Sont ils tous dans l'attente d'un maroquin ou d'une légion d'honneur ?
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