7.11.08

Non il n'est pas noir !

Que mes amis africains ou antillais me pardonnent, mais une chose me fait bondir en parcourant les médias et en écoutant les conversations : Monsieur Obama n'est pas noir. C'est un "métis" . Il est inadmissible que l'on véhicule une idée fausse qui fait le jeu des communautaristes de touts bords. Son père est noir. Monsieur Mandela est noir. Martin Luther King était noir. "Le terme de " métis" doit s'imposer lorsqu'on est absolument obligé de parler de la couleur de sa peau." disait à juste titre un commentaire sur un site d'information où on traitait du risque d'attentat contre la personne du nouveau président américain. Il ne s'agit pas de frustrer les noirs américains de ce qui leur apparait comme une victoire, voire une juste revanche face à des minorités blanches souvent extrêmement racistes. Il s'agit de ne pas cautionner cet esprit communautaire qui ne mène à rien de bon.
Penser en terme de communauté revient à cloisonner les intérêts de chacun en les opposant d'une manière frontale et agressive à ceux d'autres groupes ethniques. C'est le "diviser pour régner" qui a fait ses tristes preuves dans l'histoire. Regardez le résultat de cet état d'esprit en Afrique, où des peuples qui vivaient en bonne intelligence, ont été mis brutalement en situation de conflit radical par les découpages artificiels du continent lors des colonisations.
Monsieur Obama est avant tout un homme a qui le peuple américain vient de confier la lourde tâche d'amener l'Amérique vers le changement. Que son père soit de couleur et sa mère blanche n'a aucune importance. Et s'il faut vraiment parler de la couleur de sa peau, rappelons qu'il est métis. Et combien cela est important : un métis affirme qu'il est possible d'unir ceux qui se déchirent, de ne faire qu'un, quelque soit son origine ethnique ou sociale. Les grandes civilisations sont des civilisations métissées. Le réflexe communautariste est un danger pour la paix sociale. Il fait le lit du racisme, de toutes les violences. Le métis est riche de toutes les différences et de toutes similitudes qui constituent ses origines.
C'est aussi en cela que la victoire de Monsieur Obama est un symbole fort pour le monde ! Un symbole d'union, dans la droite ligne de l'esprit des pères-fondateurs de cette grande nation. Qu'il soit afro-américain ou javanais, que sa peau soit verte ou brune ne changent rien au fait que c'est un homme et que cet homme va avoir en charge l'avenir de l'Amérique.

5.11.08

Obama élu président : Yes they can !


Voilà ce que tout le monde souhaitait s'est réalisé : les américains se sont mobilisés en masse - du jamais vu depuis longtemps - pour porter à la Maison-blanche, le candidat démocrate. Le sénateur Obama devient ainsi président des Etats-Unis, une charge d'autant plus lourde que les dossiers dont il hérite sont difficiles : la crise mondiale et la faillite du système libéral, les guerres coloniales entreprises par le très impopulaire Bush Junior, le système social intérieur, le terrorisme international. L'homme aura fort à faire. Gageons que l'enthousiasme et la prise de conscience du peuple américain pourront l'aider à faire changer l'Amérique dans le bon sens. Gageons aussi que les relations internationales évolueront vers davantage d'humanité et de respect des peuples du tiers monde et des petits. Bonne chance, Mr President !

L'envie soudain de prendre un fusil !


Je suis certainement un de ces membres de la majorité silencieuse qui subit plus qu'il ne suscite mais qui parfois, lorsque les limites sont dépassées, a des envies de meurtre et se révolte. J'ai lu quelque part que la première mouture d'une des constitutions issues de la révolution française prévoyait dans un de ses articles le droit fondamental du peuple à l'insurrection si les gouvernants s'avéraient trahir les intérêts de la nation. Ce droit à vite été étouffé et l'article supprimé... Ce soir, j'ai envie de prendre un fusil. Des restes de sens civique, une certaine retenue et le poids de mon éducation judéo-chrétienne me retiennent bien évidemment mais jusqu'à quand. Mais laissez moi vous raconter les faits qui m'ont ainsi mis dans une colère noire.

Client du Crédit Agricole depuis plus de huit ans dont le siège est à deux pas de chez moi, mais mon compte est dans une petite succursale de quartier trop éloignée pour que je m'y rendre souvent. Ces détails ont de l'importance pour la suite. Je suis aussi satisfait de cet établissement qu'on puisse l'être quand on n'a droit à aucune facilité de caisse et que hormis la sympathie que j'éprouve pour quelques uns des employés que je retrouve assez souvent dans les brasseries du quartier, j'éprouve pour cette banque la même affection et la même attirance qu'un boeuf pour la boucherie. Mais il faut bien faire avec, je ne suis pas un client intéressant (Tiens pourtant on a pris soin de me téléphoner il y a quelques jours pour me fourguer une réservation du Livret A et je suis bordé de tout ce que la banque a voulu vendre ces dernières années souvent sans prendre la peine de me laisser réfléchir à l'utilité de ce qui m'était "offert"...)

N'ayant pas de découvert autorisé sur le compte dont il s'agit aujourd'hui, je suis obligé d'être très vigilant surtout les premiers jours du mois quand les prélèvements se présentent. Il y a toujours un décalage entre le versement de mes commissions d'affaire et le prélèvement des charges et autres créances régulières. N'ayant pas d'autorisation de découvert donc, le moindre petit dépassement qui fait passer mon compte en rouge (même pour quelques centimes !) me faut un rejet de l'effet qui se présente et... 19,90 € de frais au bénéfice de la banque. Pour éviter cela, je consulte plusieurs fois par jour et tous les jours de la semaine mon compte via internet ou par téléphone. Ce matin, je constatais que deux prélèvements s'étaient présentés en date de valeur du 3 novembre. La banque étant fermée le lundi, et ne travaillant pas ce jour là non plus, j'ai attendu ce matin pour agir. J'ai appelé la banque à la première heure, une jeune femme, nouvellement arrivée dans la succursale prend la communication. je lui explique clairement que deux effets se présentant et mettant mon compte à découvert d'un peu plus de 80 euros, je venais de faire un virement de 100 euros en attendant le versement des premières commissions du mois qui devait arriver aujourd'hui. Je prends soin d'envoyer un fax de confirmation et la journée passe. Ce soir, avant de me coucher je consulte la banque par acquis de conscience. Surprise, surprise : je vois que les commissions sont tombées, mais je vois aussi les prélèvements rejetés en dépit de mon virement (interne d'un compte du Crédit Agricole à un autre !) et en dépit du versement des commissions. Parmi les rejets, un prélèvement du jour mais aussi un prélèvement qui apparaissait payé il y quelques jours, le compte étant créditeur et qui par une fantaisie de la nature sans doute est aujourd'hui refusé... Coût de l'opération : deux fois 19,90 € prélevés sur un compte largement créditeur.

Je dois être un imbécile. Il est vrai que face à la toute puissance du banquier, je ne suis rien. On va me dire demain que c'est l'ordinateur, que c'est automatique et on va aussi me laisser entendre que si j'avais davantage de revenus et donc un compte plus fourni ce genre d'incident ne se produirait pas ! Je vais réclamer le remboursement des frais de rejet, arguant du fait que mon compte était créditeur dès ce matin 10 heures et rappelant au banquier qu'il a plus de dix jours pour accepter ou refuser un prélèvement qui se présente sur le compte d'un client... Il voudrait me faire partir de son établissement qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

Je sais d'avance comment les choses vont se passer demain. Si je parviens à avoir le directeur au téléphone - chose rarissime sauf quand par un heureux hasard mon compte est largement créditeur et qu'il prend tout d'un coup mes intérêts très à coeur et vient vite me proposer un placement ou un investissement ! - lui demandant de revoir sa copie et de payer les prélèvements, de rembourser les frais, il trouvera mille raisons pour me convaincre que c'est impossible et que de toute manière c'est ma faute, puisque je suis pauvre et que donc la banque qui sait toujours à qui elle a à faire ne fera rien pour moi... C'est la troisième fois en quatre mois que cela se produit. En août dernier, quatre prélèvements qui apparaissaient payés sur internet (j'étais en vacances en Normandie), avec un compte largement créditeur au moment de la consultation avaient été rejetés quelques jours après sans raison valable et cela m'avait coûté 79,60 €. Quand je me suis plaint, on m'a dit d'écrire au directeur. Aucune réponse. En octobre, même histoire. Il manquait cinq ou six euros pour payer un prélèvement de France Telecom, je fais un virement et je préviens la banque qui m'assure qu'il n'y aura aucun problème et vlan ! deux rejets et encore 39,80 € de frais. Là encore aucune réponse à mon fax.

Faites le calcul : par ces manipulations informatiques, la banque m'a soulagé en quatre mois de 159, 20 €. Autre détail succulent, le temps que se présentent mes commissions ou que je dépose des chèques, il arrive qu'il n'y ait sur le compte que 10 ou 15 euros. Cela n'empêche jamais la banque de prélever ses frais de fonctionnement, d'abonnement, les taxes et autres petites bribes. Cela m'a même parfois mis en découvert mais là jamais personne n'a appuyé sur une touche de son clavier pour rejeter les frais ni pour éditer un courrier me rappelant que je n'ai pas le droit d'être à découvert...

Voilà pourquoi ce soir, j'aurai envie d'avoir un fusil et de le pointer demain sur la tempe de mon banquier pour le forcer à reconnaître une vérité que nous sommes nombreux à avoir découvert au fil des années : les banquiers sont des escrocs. Ils utilisent notre argent souvent à bon escient certes mais quand il y a erreur, c'est encore vers nous que l'on se tourne et le client déjà écrasé de frais en tous genres, de pénalités et de charges, se voit obligé de payer en plus l'addition par les impôts et taxes supplémentaires qu'il faut bien lever pour éviter la catastrophe. Quand on multiplie par le nombre de clients qui sont dans le même cas que moi, on arrive à des sommes gigantesques qui, employées autrement, permettraient à beaucoup de monde de mieux vivre, de mieux entreprendre. Mais ce n'est pas là le souci de nos banquiers. Alors, ne devrions-nous pas tous, avec des mots ou avec des fusils, chercher à changer cela ?

3.11.08

Une chance ou un défi pour l'Amérique ?

On a beau s'en défendre, l'élection américaine du 4 novembre prochain ne nous laisse pas indifférents. Bien sur il y a le battage médiatique. Mais c'est autre chose qui attise notre intérêt. Bien que conscients que la charge de président des Etats Unis ne permet pas à l'homme qui en est revêtu de pouvoir tout faire, bien que les administrations sont lourdes à faire bouger dans un sens comme dans l'autre, la personnalité des deux candidats en dit long sur ce que seront les années à venir pour le monde. On n'arrête pas de dire que l'influence américaine est au plus bas, que c'est la fin de l'Empire yankee et que le dernier krach a eut raison de sa splendeur et de sa puissance. Pourtant ce grand peuple qui n'est pas seulement ce qu'on veut nous faire croire (vous savez les obèses mal nourris, bardés de fusils de chasse, ne sachant pas qu'il y a l'eau courante dans les campagnes françaises et qui croient que Shakespeare est une marque de shampoing pour animaux...), possède une force et une détermination à aller de l'avant qui peuvet encore en montrer au monde. Construite sur la solidarité et le travail, l'âme fondatrice des Etats-Unis vit encore dans le coeur des américains et ce peuple saura se réveiller. Le monde n'aura pas à s'en plaindre. Car l'Amérique ce n'est pas seulement Mc Donald et Montesanto, ce ne sera bientôt plus Bush et les pétroliers texans ni les financiers tordus de Wall street. C'est aussi la volonté d'entreprendre, la capacité à retrousser ses manches, l'esprit pionnier, l'esprit solidaire et fraternel. Toutes ces valeurs étouffées par trop de confort et de prétentions, ne demandant qu'à jailler à nouveau. Loin des guerres coloniales inutiles, loin des peurs artificielles et des intolérances stupides.
Alors Mc Cain ou Obama ? Il y aura certes des différences de style, des mesures et des directions différentes selon que le démocrate ou le républicain sera le prochain locataire de la Maison-Blanche. Mais tous deux auront à gouverner leur pays dans un monde en explosion qui ne sera plus jamais le même. J'ai conscience que tout ce que j'écris est brouillon. Mais, je voudrais exprimer ma foi dans ce grand pays qui pourtant souvent nous remplit de hargne : le Viet Nam, l'Afghanistan, l'Irak, l'Amérique du Sud... La foi dans ce peuple de pionniers. Et, celui qui semble à priori le plus apte à galvaniser l'âme du peuple américain, c'est Barack Obama, avec sa jeunesse, sa personnalité et la couleur de sa peau ! Mais, allez, que le meilleur gagne.