25.2.08

Perte de temps

Je n'ai pas regardé le débat entre Rousset et Juppé. Le vrai débat il a lieu tous les jours : depuis quelques années, un homme et une équipe - dont on peut décrier certains membres - ont métamorphosé la ville. Elle est redevenue belle, vivante, dynamique, joyeuse, festive. Bien sûr il reste beaucoup à faire mais tout ne peut se faire en un clin d'oeil. Il fallait débloquer les mentalités, modifier les esprits, rogner les habitudes et les privilèges. C'était la première étape. Nettoyer, laver, régénérer. Juppé s'y est employé avec une maestria que tous reconnaissent - même ses adversaires. Maintenant, il y a les autres étapes. Notamment le temps de la culture. Le maire avait promis que son prochain mandat serait dévolu à la culture. Comme pour nombre d'hommes politiques, ce n'est pas naturellement une priorité pour lui mais il sait combien aujourd'hui, avec le tourisme, la politique culturelle de la ville est importante et combien elle doit être soutenue, développée. On ne peut toujours pas en dire autant de la Région où Rousset se moque depuis longtemps de la culture (il suffit d'aller voir la part de budget qu'y consacre son administration et celle en comparaison du budget de la ville...).
Mais déjà, la machine est en route : il n'y a jamais eu autant d'évènements, de manifestations culturelles à Bordeaux. Pour qui veut sortir, il est possible de trouver un concert, un ballet ou une représentation théâtrale chaque jour. Le conflit avec l'Utopia est en train de trouver sa solution et nous verrons bientôt la Municipalité réconciliée avec l'Utopia et son public. Sigma a été trop vite enterré - erreur de jeunesse d'une nouvelle équipe qui devait remplir les caisses et avait le devoir d'arrêter les hémorragies - Nov'art se rode. De grands projets sont près de voir le jour dont le rayonnement international rejaillira sur Bordeaux et sur les bordelais.
Et Rousset voudrait qu'on lui laisse la mairie pour toucher tous les dividendes du travail effectué par Juppé. Quelle incongruité. Alors son équipe s'essaie sur le social - sujet fort sensible pour les nouveaux bordelais arrivés grâce à Alain Juppé mais qui n'ont pas (encore) voté pour lui - parce que nous manquons encore de logements sociaux mais là aussi c'est une question de tranche de travaux, de priorités. L'administration Juppé a reconstruit les écoles, rénové les centres d'animation, les équipements sportifs, mis en place une véritable politique d'accès aux loisirs pour les moins bien lotis d'entre nous. Pas besoin d'être encarté à l'UMP pour reconnaître les excellents résultats. Bordeaux fait mieux que Paris en matière de vélos, le tourisme se développe à vitesse grand V... Alors quand j'entends Rousset dire qu'il veut faire entrer Boredux dans la modernité, j'ai envie de prendre pour lui un rendez-vous chez un bon ophtalmo. Qu'il chausse des lunettes et regarde. S'il est de bonne foi - ce dont je doute finalement de plus en plus chaque jour - il lui faudra bien reconnaître que les bordelais ne l'ont pas attendu et qu'avec Juppé, cette modernité, elle est bien là et ne va pas s'arrêter en chemin !
Alors pourquoi changer une équipe qui gagne et donner un blanc- seing à un ambitieux qui avait dit un jour aux pessacais, quand ils l'ont élu contre Dalbos (j'étais chargé par J.P. Raffarin, alors l'un des patrons de Bernard Krief de la communication de la mairie et du maire sortant) qu'il ne les laisserait jamais pour d'autres fonctions que celle de premier magistrat de Pessac ! Ce que l'ambition nous fait faire tout de même...

Comme le scandale les démange !

C'est vrai beaucoup de français en perdent leur latin. Il est ambitieux, calculateur mais il a réussi. Il a une drôle de manière de parler, des intonations populaires qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait. Il est souvent détesté, la plupart du temps pas aimé. C'est le risque dans ce métier. Cependant, il est le chef de l'Etat. Le président de tous les français et en cela il mérite le respect. Lorsqu'il se rend quelque part, ceux qui sont présents se doivent de le saluer, car en saluant l'homme c'est la fonction qu'ils honorent. Le peuple est souverain, le Chef de l'Etat est garant de cette souveraineté. S'incliner devant lui, c'est comme se lever quand retentit la Marseillaise ou saluer quand on lève le drapeau tricolore.
A regarder cette vidéo qui peut-être analysée de différentes façons au gré des idées et des orientations de chacun, j'ai eu envie de préciser deux choses :
La première c'est que Nicolas Sarkozy n'est ni à cran, ni énervé quand il prononce ces deux phrases qui ont fait le tour du monde. Il parait simplement un peu agacé par la cohue, là où Chirac où Mitterrand se sentaient parfaitement à l'aise. Il sent - car c'est un de ses talents, ce flair incroyable - l'hostilité de certains agriculteurs. Il n'en impose pas autant que Jacques Chirac et il en souffre. Peut-on lui en vouloir de mal supporter ces manifestations obligées où rien de ce qui est important ne se fait. C'est pour lui une perte de temps. Il est à l'aise dans l'action, pas dans le cérémonial, le coutumier, l'usage.
La seconde chose à souligner, c'est qu'il ne fait que répondre à un homme grossier qui lui lance lorsque le président s'approche "ah non, surtout touches-moi pas toi!"... En d'autres temps, dans d'autres lieux, cet homme aurait eu maille à partir avec les services de police et la justice serait intervenue pour outrage au premier magistrat de la République. Sarkozy a répondu sur le même ton, sans en faire un pataquès, en tutoyant l'homme, et en continuant son chemin. Bien sur, nous autres français, toujours dans le deuil jamais assumé du père et dans la recherche permanente d'un roi sans en vouloir un, nous aurions aimé qu'il jette un regard noble sur ce malandrin et lui lance un généreux "je vous pardonne mon ami et que Dieu vous garde" en passant son chemin. Le tutoiement (que le président a facile) dérange. Les gros mots aussi évidemment.
Mais c'est le monde d'aujourd'hui. L'éducation d'aujourd'hui : le président parle comme parlent les français, il est un des leurs. Certains diront hélas. D'autres seront satisfaits de voir que le Président est comme eux quand ils s'énervent en voiture et baissent leur vitre pour injurier celui qui lambine devant eux... Après tout ouvrons les yeux, nous avons les hommes politiques que nous méritons : A trop avoir regardé les guignols de l'info, à trop laisser les médias faire la pluie et le beau temps dans ce pays, on ne sait plus trop où on en est et qui nous sommes...

5.2.08

Triste matin de février quand on bafoua le peuple


Le Parlement réuni à Versailles. Triste clin d'oeil à notre histoire. Trahison et bêtise... En voyant rejouer pour la dixième fois la même sinistre pièce, l’abus de pouvoir rendant illégitime le pouvoir légitime, le peuple bafoué, les gardes protégeant les traîtres, je songeais à ce que Marc Bloch écrivit pendant l’Occupation : "Les faits l’ont aujourd’hui prouvé : l’indépendance nationale à l’égard de l’étranger et la liberté intérieure sont indissolublement liées, elles sont l’effet d’un seul et même mouvement. Ceux qui veulent à tout prix donner au peuple un maître accepteront bientôt de prendre ce maître à l’étranger. Pas de liberté du peuple sans souveraineté du peuple, c’est-à-dire sans République. "

Ces quelques lignes viennent des Manants du Roi, Elle aurait pu être écrit par les souverainistes du RIF, par les militants d'ATTAC, par mille autres. Ils bougent encore, les derniers esprits libres de notre pays, quand un totalitarisme rampant et encore souriantse profile sans que personne ne réagisse. Pour le moment du moins. Mais tenons-nous prêts, l'heure viendra où le peuple, réveillé et en colère, réclamera sa Nation. Le jour où il se rendra compte que la démocratie a été confisquée, des têtes tomberont. Moquez-vous, nous en reparlerons un jour...