Voici quelques notes griffonnées au fil des jours sur mon petit carnet Moleskine. Sans prétention, ces lignes tournent toutes autour du même sujet. La même inquiétude. Quel projet pour Bordeaux demain ? Qui formera l'entourage "Nouvelle Frontière" de Juppé ?... Je me demande s'il faut s'engager dans cette campagne qui s'annonce impitoyable entre Juppé et Rousset. Je ne sais même plus quoi penser. Non pas que j'hésite sur le candidat à soutenir. Loin de moi ce genre de réflexion. Depuis notre première rencontre, un jour sur les quais encore largement en chantier, j'avais gardé de la conversation impromptue une impression très forte : Alain Juppé était celui qu'il nous fallait à Bordeaux. Depuis l'homme a souffert, il a été touché dans ce qu'il a de plus sacré en lui, son sens du devoir, son honnêteté et sa fidélité. C'est un animal politique mais le doute parfois le rend tâtonnant. La montagne de décisions à prendre et les kyrielles de petits intérêts, de conflits, d'idées et de demandes l'ont amené à confier à des femmes et des hommes dévoués mais parfois inconsistants la lourde tâche de le seconder. Investis de cette mission, ils sont aussi ses représentants et ne représentent plus toujours les bordelais d'aujourd'hui. Cette impression d'avoir entre lui et nous une sorte de secte ou de club de néo-notables affairistes se désintéressant de ce qui n'est pas leur univers et les profits qu'ils peuvent tirer de leur position...
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J'ai envie en fait de crier ce que Giscard avait lancé à la figure du Mitterand de 1974, "vous n'avez pas le monopole du coeur". Non la gauche, ou la néo-gauche des Rousset, Delaunay, Savary, Teisseire n'a pas grand chose à voir avec la générosité, l'humanisme, le sens de l'autre qui sont traditionnellement les vertus cardinales du socialisme...
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Voilà des années que je dis qu'il faut aller là où on ne va pas : pourquoi Alain Juppé n'est il pas allé plus souvent à l'Utopia, comme simple client, en famille ou avec des amis, dans une des nombreuses salles, au café ou à une réunion, un débat. Il aurait souvent été mal reçu c'est le moins qu'on puisse dire mais après on aurait écouté ce qu'il avait à dire, on aurait débattu et ce public tellement enfermé dans son sectarisme de gauche bon ton aurait appris à estimer son premier magistrat. Le courant serait passé et la force potentiellement dangereuse des prétendants socialistes complètement désamorcée.
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Pourquoi quand Juppé se promène les gens vont si peu vers lui ? Pourquoi s'écarte-t-on comme si'il était un monarque que l'on craint ? On a beaucoup reparlé ces derniers temps de Chaban. Sa faconde, son humour, son style et sa voix nasillarde attirait toujours même dans des quartiers où la CGT et le PCF règnaient en maîtres absolus. C'était le résistant, le rugbyman, l' séducteur que l'on recevait et on allait à lui, avec respect et sympathie. C'est cela qu'il faut pour Juppé. Oter aux gens cette image de l'énarque "droit dans ses bottes", cassant et intransigeant. Mais je ne suis pas dans le sérail. Peut-être qu'Alain Dupouy et les autres fondateurs du comité de soutien pourront faire passer ce genre de message. Connaissant Alain Dupouy, ancien cadre d'IBM, formé à l'américaine, je ne crois pas qu'il soit partisan du sandwich-coup de rouge en bras de chemise dans un petit bar popu. Mais ce n'est pas une critique. Bordeaux est redevenue - grâce à Juppé - une ville jeune, une ville de jeunes. C'est vers eux qu'il faut aller, ces jeunes ménages branchés, au top de l'innovation technologique, qui travaillent et ont assez de moyens pour s'investir dans la vie sociale et culturelle de la cité. Ce sont les notables de demain, ils ont un style de vie, une manière de pensée différente des burgraves, rescapés du monde du négoce local, des familles parpaillottes des Chartrons que Mauriac détestait tellement (par envie n'est ce pas ?).
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Bordeaux bouge mais ce mouvement naturel, s'il a été impulsé par l'administration Juppé lui échappe aujourd'hui. Les nouveaux bordelais n'ont rine en commun avec l'équipe municipale. Dommage. Le maire a fait ce Bordeaux qui bouge et il a les moyens comme l'énergie de préparer le Bordeaux de demain. Encore faut-il que les bordelais entendent son désir de poursuivre. Encore faut-il qu'ils apprennent à l'aimer, qu'ils le voient, le croisent, discutent avec lui. Il faut qu'il éloigne cette smalah de médiocres et d'opportunistes...
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Moleskine et les City Note Book, voilà une trouvaille qui dépasse l'ingéniosité du marketing. Après Paris, Londres, San Francisco, Prague, Barcelone, ce bel objet, carnet spécifique, sorte de guide inachevé que l'usager complète et améliore au fil de ses envies, propose maintenant Venise. Pourquoi ne pas solliciter la société Moleskine pour que soit édité ce carnet, objet-culte terriblement référent dans le monde ? 




