29.6.07

Hip hip hip Hourra ! Bordeaux est classée

La nouvelle est tombée hier en tout début d'après-midi. Un étudiant du conservatoire où je me trouvais venait de recevoir la nouvelle sur son portable : Bordeaux a été retenue par l'Unesco et entre au Patrimoine Mondial de l'Humanité. Aussitôt annoncée, la nouvelle a réjoui tous les jeunes gens présents dans le réfectoire et une salve d'applaudissements a accueilli l'information. Un peu plus tard, Place du Parlement, les terrasses étaient encore pleines de monde et beaucoup commentaient l'information. Partout des visages satisfaits, de la fierté et de la joie. Beaucoup de joie !
Alain Juppé a promis - mais c'était plus qu'un engagement, une détermination personnelle - de faire de Bordeaux une ville exemplaire. Il parlait avant tout de l'économie durable, de la protection de l'environnement mais aussi du Patrimoine. La beauté de notre ville éclate aux yeux du monde. Favorite des rois Louis XV et Louis XVI et des intendants brillants qu'ils y envoyèrent, Bordeaux, la belle endormie des années passées, renaît aujourd'hui. Les gens sortent, les touristes affluent et les pisse-vinaigres (ils sont légion à Bordeaux !) ne peuvent pas nier que les choses changent en bien. Au risque de me répéter : le tramway, les façades nettoyées, les artères embellies, les places rénovées. Tout contribue à cette atmosphère heureuse. La classification de notre ville va attirer du monde. Les commerçants s'en réjouissent. Les infrastructures sont en place pour que ces foules à venir ne soient pas une gêne pour les bordelais. A Bordeaux, il n'y a pas que le vin, il y a Bordeaux aussi et le monde s'en aperçoit.
Les commentaires des voyageurs du XVIIIe siècle : Madame de la Roche, l'empereur Joseph II pour ne citer qu'eux redeviennent d'actualité. Et c'est tant mieux. Les bordelais ne devraient surtout pas oublier que c'est à Alain Juppé qu'ils doivent leur succès !

28.6.07

Nicolas de Staël, l'orchestre
Musée Picasso, Antibes.

21.6.07

Tous le disent : Il est tellement mal entouré...

Ils disent tous la même chose. Sont ils des imbéciles ? Ces sans grades ont forcément tort car ils ne sont rien. Souvent en plus ils n'ont pas fait beaucoup d'études. Pourtant ce qu'ils disent est logique, plein de bon sens. Ils ne comprennent pas ce dédain (du mépris) qui éloigne le premier d'entre eux de ses administrés. Ils sentent bien que dans le fond cela ne vient pas de lui. Cet homme qui a été blessé a jeté sa faconde et ses certitudes parfois se sont fissurées. Il entend ce qu'on lui dit mais ceux qui l'entourent et déblaient le chemin, ont-ils compris eux ? Je crois que oui, mais ils savent aussi que le bons sens de l'homme de la rue, les idées des uns, les avis des autres peu à peu risquent de leur enlever tout pouvoir. De là à dire tout haut ce que partout beaucoup chuchotent, le pas est franchi : Oui, nous sommes nombreux à penser qu'Alain Juppé est mal entouré. Et je crois qu'il le sait. Trop de parisiens, trop de gens confortablement engoncés dans leurs certitudes et le confort d'un pouvoir jamais entamé, jamais partagé. Vous savez le syndrome de Versailles ? La cour qui se voile la face et empêche le roi de voir... Mais Alain Juppé n'a jamais été dupe de ses courtisans, jamais isolé dans une tour d'ivoire entre les mains de conseillers et de techniciens certes bardés de diplômes mais enfermés dans des schémas de pensée qui nous mènent droit dans le mur. Depuis l'installation d'Alain Juppé au Palais Rohan, la ville a explosé. Tout change, tout bouge, tout devient plus beau, plus, plus... Et on voit bien qu'il aime sa ville, qu'il aime l'embellir, la doter de nouveaux moyens de transport, innover, transformer, anticiper. Bâtir le Bordeaux de demain que le monde entier découvre comme un trésor trop longtemps enfoui. Et en plus avoir comme architecte en chef un ministre d'Etat, initiateur d'un projet qui transcende les clivages idéologiques, les sensibilités partisanes et concerne l'avenir de la planète entière, quelle aubaine cela était. Mais il a manqué 600 voix. 600 poignées de main peut-être. 600 esprits trop légers qui n'ont pas vu l'aubaine. 600 ballots qui ont choisi la plage plutôt que l'avenir. Mais Alain Juppé n'est pas homme à se lamenter. C'est un orgueilleux dit-on. Quel orgueil en effet que de reconnaître l'échec, de dire haut et fort à son entourage et à ses supporteurs : nous devons aller là où nous ne sommes pas assez allés. Être présents partout où on doute mais aussi là où on dénigre, critique, démolit au risque d'étouffer ce souffle nouveau qu'il a insufflé à notre métropole. Ces 600 voix se sont promenées sur les quais pour la fête du fleuve, elles sont aux Epicuriales, elles prennent le tramway et sont heureuses de circuler à vélo partout dans la ville, de lézarder sous le soleil aux terrasses qui se sont répandues partout. Rappelez vous il y a 20 ans : il n'y avait qu'à la Victoire, place Gambetta et à la gare qu'on trouvait des terrasses de café, au milieu du bruit de la circulation et des gaz d'échappement...
Et ceux qui dénigrent l'Utopia, repère du diable et empêchent le maire de s'y rendre, en simple bordelais, pour voir un film ou siroter un thé glacé au bar géré par Jegher, comme l'Orangerie du Jardin Public ou le salon de thé des Galeries Lafayette. Ce serait peut-être un peu difficile la première fois, puis le dialogue s'installerait et cela ferait réfléchir. Pourquoi y aurait-il des quartiers interdits à la majorité municipale ? Pourquoi le maire ne se rendrait-il pas partout n'importe quand à n'importe quel moment ? Pourquoi ne prendrait il pas la place des élus délégués de quartier pour rencontrer ses administrés, comme ça à l'improviste. Mais, je dis certainement n'importe quoi. Je ne suis qu'un petit, un sans-grade...

19.6.07

Et si on en gardait une ?

Bernar Venet est l'un des plus grands sculpteurs contemporains. Reconnu dans le monde entier, il est bordelais, ancien élève des Beaux-Arts sauf erreur de ma part. Plusieurs de ses oeuvres sont actuellement exposées un peu partout dans la ville et notamment au Jardin Public. Cet acte fort décidé par la ville fait rentrer la sculpture contemporaine dans Bordeaux. Devenue magnifique, merveilleusement réveillée, elle reste un espace patrimonial pour l'essentiel tourné vers son passé esthétique, ses monuments son histoire. C'est très bien. Mais ce n'est pas suffisant. Elle doit souffler sur le monde un air nouveau. Une atmosphère de création, de modernité, d'avant-garde même. Alain Juppé disait ce soir aux bordelais venus le soutenir qu'il fallait aller plus loin encore, revoir les choses et la manière de faire. Cette volonté d'agir, aidons le maire à la mettre en pratique. Retrouvons le maillon qui depuis l'époque des intendants unissait Bordeaux à l'art : Arts plastiques, Musique, littérature. Tout doit être à Bordeaux bordelais et universel à la fois. Devenir patrimoine de l'humanité c'est conserver et embellir le passé, c'est aussi bâtir et développer des choses nouvelles. Tout à fait nouvelles.

Il reste ! et avec ardeur !

Elisabeth Vigné, Adjointe au maire, chargée des Espaces Verts et candidate malheureuse de l'UMP face au maire de Bègles, le retors Noël Mamère. avait pu grimper sur une chaise.
Que les langues de vipère, les mauvais, les méchants, les aigris se taisent. Il a réfléchi, il a pris le recul nécessaire que tout homme d'Etat un jour ou l'autre se doit de prendre. Accueilli par une ovation incroyable, Alain Juppé avait rendez-vous ce soir avec les bordelais et ils étaient venus nombreux. Des jeunes, des familles, des amis mais aussi une foule d'anonymes et beaucoup d'employés municipaux. Et la presse qui l'avait tellement mal entouré l'autre jour à Vinexpo. Il n'est pas député, il n'est plus ministre. Les évènements parisiens, les phrases lues dans la presse qu'il n'hésite pas à citer - sans amertume ni hargne - tout confirme le piège, la tentative d'élimination. Beaucoup à Bordeaux l'enterraient déjà. Certains avec gourmandise, d'autres par manque de foi. Parmi les siens, ceux qui se sont battus dans les circonscriptions de la Gironde, il y en avait déjà pour se laisser aller à des pronostics bien sombres. Mais lui avait laissé entendre qu'il n'était pas mort ni même blessé. Sonné certes, qui ne le serait pas avec seulement une différence de 670 voix , mais pas K.O. comme Sud Ouest l'annonçait en gros titre noir (au passage reconnaissons la délicatesse de Madame Delaunay qui soulignait pour France 2 que ce titre outré - ou bien a-t-elle dit agressif - n'avait rien à voir avec la campagne qu'elle a mené). Et ce soir, sous un soleil radieux, à peine revenu de Paris où il a quitté son ministère sous les vivats du personnel,avec Isabelle, son épouse, il a parlé d'une voix forte, pleine d'émotion mais avec fermeté. Accrochant au passage les pisse-vinaigres qui n'ont de lui qu'une image superficielle et erronée, il a annoncé son désir de poursuivre le travail accompli. Il a souligné aussi la nécessité d'être présent auprès de ces nouveaux bordelais qui n'ont pas choisi de le soutenir ou qui se sont abstenu. Il a évoqué la Communauté Urbaine et les années à venir. Pugnacité et détermination sous une pointe d'humour. Et sous les acclamations des bordelais. Après le discours, le bain de foule. Tous avaient un mot pour lui, et il avait un mot pour tous. A ma fille Constance, très fière de lui être présenté, il dit en l'embrassant "tout ce que nous faisons c'est pour toi le Bordeaux de demain". Ambiance bon enfant, les bordelais rassurés ne se sentaient plus seul. le capitaine est revenu sur le pont. Tous à nos postes. Et faisons de Bordeaux, avec lui, comme il l'a demandé, une ville exemplaire.

Les aléas de la technique : la date qui s'affiche sur les photos sont évidemment erronées, puisque ces clichés ont tous été pris aujourd'hui, 19 juin 2007, entre 19h30 et 20h30, rue Buffon, à Bordeaux, devant la permanence électorale d'Alain Juppé et Hugues Martin.

18.6.07

Joie du travail bien fait

Depuis quelques années, je suis de ces bénévoles qui participent aux élections en tenant un bureau de vote. Président du bureau A d'un des centres de vote de la 1ère circonscription, j'aime ce travail, fatigant, contraignant, parfois stressant et je n'en tire aucune gloire ni vanité. C'est pour moi au même titre que les associations auxquelles je participe, les conseils d'administration dont je suis membre, un acte de citoyenneté. En donnant ainsi du temps, j'ai l'impression d'être utile à la société et à mes concitoyens. Présider un bureau de vote, c'est accueillir au nom du maire ses administrés, les réconforter quand ils sont émus ou un peu gauches, c'est être attentif, ordonné, rigoureux, tout ce que certains autour de moi pensent que je ne suis pas. L'équipe de fonctionnaires municipaux qui m'entoure, mes assesseurs, les scrutateurs et simplement les électeurs sont presque tous devenus des amis. Chaque électeur m'est familier. je finis par savoir qui ils sont, ce qu'ils font, ce qui les agace ou les amuse. Je suis à chaque fois très ému lorsqu'une jeune fille ou un jeune homme vient dans mon bureau voter pour la première fois. J'aime les parents qui expliquent avec sérieux le fonctionnement du bureau. Mon coeur bat toujours un peu plus fort dans les dernières minutes du scrutin, quand Max, l'un des employés municipaux commence de préparer els tables pour les scrutateurs, quand ceux ci s'installent autour de la salle en attendant le moment où ils vont se mettre à travailler. Et lorsque d'une voix la plus forte et sereine possible j'annonce à tous la clôture du scrutin, lorsque je procède à l'ouverture de l'urne et que je commence à compter les enveloppes. Plus rien n'existe que ces chiffres et ces morceaux de papier qui peu à peu vont devenir la réalité de l'expression démocratique au fur et à mesure du dépouillement.
Après des anénes de présence dans ce bureau, je connais bien mes électeurs. Je n'ai jamais sollicité de mandat mais je sais queles sont leurs idées. Pour la plus garnde partie d'entre eux, je sais quel bulletin ils ont choisi de glisser dans l'enveloppe. Je sais ceux qui vont refuser d'entrer dans l'isoloir, ceux qui auront volontairement oublié leur carte d'électeur, ceux qui râlent, ceux qui doutent, ceux qui sont convaincus. Je vois les enfants grandir, les vieillards décliner d'un scrutin à l'autre.
C'est ainsi que j'ai su lors du deuxième tour des présidentielles que mon bureau voterait en grande majorité pour Ségolène Royal. la file d'attente jusque dans la cour, les cinq isoloirs toujours pleins, un public jamais vu s'était déplacé. Des jeunes, des gens souvent mal mis, un peu grincheux, maladroits, mal vêtus aussi. Ceux là venaient voter contre Sarkozy. Je les ai vu le soir devant la mairie chanter l'Internationale et criaient des slogans peu démocratiques. Quelques uns depuis ont réfléchi. Ils ont lu et entendu ce que le nouveau président a dit, ce qui est en train de se mettre en place et ils ont reconnu s'être trompé. Ils sont bluffés par la présence de Kouchner, par ce grand ministère de l'Ecologie, par le nouveau garde des Sceaux. On leur avait parlé de fascisme et de la liberté en danger. Ils sentent une volonté d'action sociale, une grande précaution, un désir d'ouverture et de dialogue. Ils se sentent rassurés, presque câlinés. Ils retrouvent confiance.
Ne faut-il pas maintenant nous aussi, à notre niveau, quartier par quartier, rue par rue, leur expliquer ce que le nouveau gouvernement va mettre en place, ce que le mot politique veut dire, être à l'écoute des gens, s'intéresser à leur quotidien, à leurs soucis, à leurs obsessions, leurs terreurs. C'est à ce prix que l'on sortira la droite et la majorité présidentielle de son ghetto social et géographique.

Et l'Appel ?

Qui se souvient aujourd'hui de l'Appel du Général de Gaulle ? Ce texte radiodiffusé sur Radio Londres, que personne n'a entendu mais dont l'écho a été considérable et qui est devenu le symbole de la lutte pour la liberté. Cette année, les médias ne parlent que des résultats de l'élection législative qu'ils veulent mitigés en présentant la victoire de la droite comme aléatoire et précaire. La droite l'a emporté cependant et la gauche a perdu. Le pays a choisi et ce n'est pas le PS qui arrive en tête. Certes la victoire parfois à un goût amer, surtout pour nous bordelais, mais elle demeure une victoire. L'Appel du 18 juin a permis, près de 70 ans après sa diffusion, que les femmes et les hommes de France puissent s'exprimer lors d'élections démocratiques dans un pays libre au milieu d'une Europe pacifiée et unie. N'oublions pas le Général de Gaulle.