31.3.06

"The Key"
par Jackson Pollock
1946

Jacques Chirac: "dénouer la situation en étant juste et raisonnable"

Comme un écho au rêve éveillé dont je vous faisais part dans mon précédent billet, voici un article tout frais résumant l'intervention solennelle du Chef de l'Etat ce soir à la télévision.
CPE : Chirac tente un compromis
Le président de la République a annoncé la promulgation de la loi instaurant le contrat première embauche (CPE) lors de son allocution télévisée, vendredi 31 mars. Jacques Chirac a néanmoins pris dans le même temps la décision de demander des modifications sur les deux points qui font l’objet d’une contestation : la durée de la période d’essai, qui sera ramenée à un an, et les conditions de la rupture du contrat (le «droit du salarié à connaître les raisons» d’une éventuelle rupture de contrat sera inscrit dans la nouvelle loi). Dans cette optique, le chef de l’Etat a appelé les partenaires sociaux, les organisations étudiantes et lycéennes à prendre «toute leur part dans l’élaboration de ces nouvelles dispositions». Deux lois pour le prix d’une et le temps de voir venir.
Aucun contrat nouvelle embauche ne sera signé avant que les modifications demandées par Jacques Chirac n’est été votées. Le CPE n’est ni retiré, ni suspendu. Pour autant, il ne sera pas immédiatement appliqué. C’est finalement ce scénario de sortie de crise que le chef de l’Etat a choisi. Un scénario qui permet à la fois de ne pas faire mine de reculer mais qui donne du temps au temps dans l’espoir que les syndicats salariés, étudiants et lycéens saisiront la main tendue. Car Jacques Chirac leur a lancé un appel clair à participer à l’élaboration d’une nouvelle loi qui modifiera le CPE sur les points les plus décriés.
«La période [d’essai] de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans le nouvelle loi». C’est en acceptant de remettre sur la table de la négociation ces deux mesures, sources de précarité accrue pour les jeunes selon les opposants au CPE, que le chef de l’Etat tente de montrer qu’il tient compte du mouvement de protestation qui agite la France depuis maintenant deux mois. Il n’est pas question pour lui que le débat reste bloqué sur la revendication du retrait du texte. Jacques Chirac a fait valoir sur cette question une position nette : une loi votée par les élus doit être promulguée. Mais il a voulu faire de cette promulgation un point de départ plutôt qu’un point de rupture. Car pour Jacques Chirac, «le moment est venu d’aller de l’avant».
Villepin a raison, mais…
Le président de la République n’a donc pas désavoué son Premier ministre. Il a même réaffirmé pour justifier son action que le contrat nouvelle embauche «peut être un instrument efficace pour l’emploi». Pour autant, il ne lui a pas donné totalement raison puisque la copie doit être revue. Il n’a pas non plus réellement choisi la voix du passage en force (promulgation-mise en œuvre) puisque l’application du CPE est repoussée à plus tard. A posteriori, les efforts déployés par l’entourage de Dominique de Villepin depuis quelques jours pour affirmer la parfaite communion de pensée entre les deux hommes ressemblent à une tentative de conjurer le sort.
La satisfaction de Nicolas Sarkozy, qui s’est exprimé quelques minutes seulement après le chef de l’Etat, est à elle seule révélatrice du fait que la solution proposée par Jacques Chirac ne va pas à 100% dans le sens de Dominique de Villepin. Le président de l’UMP (Union pour un mouvement populaire) a salué la décision «de sagesse» du chef de l’Etat et s’est félicité du fait qu’elle corresponde aux attentes exprimées par les députés de son parti. Il a, lui aussi, appelé les opposants aux CPE à «prendre leurs responsabilités» car «il n’est jamais trop tard pour sortir d’une crise».
Reste à savoir si, du côté de l’intersyndicale anti-CPE, la tentation du compromis sera plus forte que celle de l’affrontement. Rien n’est moins sûr pour le moment. Les premières réactions ont été particulièrement hostiles. Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a déclaré que «rien n’avait fondamentalement changé» avec l’intervention de Jacques Chirac. Il a donc affirmé que son syndicat n’irait pas discuter demain plus qu’hier «d’aménagements» d’un contrat «dérogatoire au droit social pour les moins de 26 ans». Jean-Claude Mailly, son homologue de Force ouvrière, a déclaré que la proposition du chef de l’Etat était «incompréhensible et inacceptable». A la CFDT, on est sur la même ligne. Rémi Jouan, le porte-parole de la confédération, a conclu : «La mobilisation reste vraiment nécessaire».
Les jeunes en colère
Bruno Julliard, le président du syndicat étudiant Unef, a affirmé que «les jeunes, ce soir, doivent se sentir méprisés et pas entendus par le président». Une opinion confirmée par les réactions des centaines de jeunes qui s’étaient rassemblés sur de nombreuses places dans les grandes villes de France dans l’attente de l’allocution de Jacques Chirac et qui ont exprimé leur déception et leur colère à la suite de l’intervention du président de la République.
L’appel à la grève et à la manifestation le 4 avril est donc maintenu. Pour le moment, la tentative de compromis de Jacques Chirac n’a pas obtenu d’écho. Pour autant, il n’est pas évident que les syndicats puissent rester ad vitam aeternam dans la même posture de refus irréductible.

par Valérie Gas
Article publié sur le site de RFI, le 31/03/2006


Rompre le silence.

J'avais décidé, sur ce blog du moins, de ne plus m'exprimer pendant quelques jours. Arrêter de ruminer mes humeurs et regarder ce qui se passe autour de moi. J'ai tenu dix jours. Maintenant, j'ai vraiment besoin de dire ce que j'ai sur le coeur. Crier ma rogne, ma lassitude et mes espérances. Je refuse de croire que mon pays n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. Je refuse de croire que l'opinion de nos voisins soit aussi négative. Je refuse de penser que ces peuples que nous avons aidé à devenir ce qu'ils sont aujourd'hui, en Afrique, en Océanie, en Asie par notre culture, notre langue, notre pensée se détournent de nous et que cet éloignement n'ira qu'en s'aggravant et durera à jamais. J'ai toujours été légitimiste et légaliste. Je crois en la démocratie bien que n'ayant jamais pensé être vraiment républicain. Je suis gaulliste bien que depuis 1970 ou 1974, je ne vois plus beaucoup de vrais et authentiques gaullistes agir pour mon pays comme le Général l'aurait fait. Je me sens naturellement à droite bien que les atteintes à l'environnement, le mépris de nos élites pour le peuple, l'acharnement des élus (du peuple) à déconstruire ce qui a fait la Nation et l'Union de la France me hérissent et me révoltent. Je n'ai jamais été tenté de voter pour le Pen pas plus que pour Mitterrand. Je n'aurai jamais donné ma voix à Giscard et j'ai de tout coeur voté pour Jacques Chirac, malgré le souvenir de 1974. Je croyais en ses convictions, en son charisme. A travers lui et son équipe, je croyais que les principes du Conseil National de la Résistance, défendus par le Général, améliorés et mis au diapason de la société moderne par Jacques Chaban-Delmas (avec son projet de "Nouvelle Société"), seraient la bannière qui nous ferait prendre la tête d'une Europe des Peuples, une Europe des Nations. Contre l'omnipotence de l'économie et de la croissance.
J'ai cru un moment que Chevènement, dépassant ces critères devenus artificiels entre la droite et la gauche, soulèverait un raz de marée qui porterait à nouveau la Nation au premier plan dans le coeur de notre peuple, et ferait de la France le phare de l'Occident, le modèle des nations en devenir, et le grand frère spirituel et philosophique des états eureopéens. Nous allions nous lever et proposer au monde une alternative à la triste société que les américains proposent au monde...
Au lieu de ça, le parti que je soutiens - et dans lequel je ne me suis jamais résigné à entrer officiellement - tourne le dos au premier ministre, pense aux élections - et ne pense qu'à ça - fronde face au Chef de l'Etat, déjà bien seul, faisant le bonheur de son ambitieux président. Je me trompe peut-être mais d'instinct je ne veux pas de Sarkozy. Je ne vois ni conviction profonde, ni sens de l'Etat, ni vision historique chez ce petit vizir. Je ne vois que de l'ambition, de l'air qu'on brasse... Quand notre ami Guéant a quitté Bordeaux pour rejoindre le cabinet du ministre dont il est aujourd'hui le directeur, je lui disais combien je pensais que sa carrière allait prendre de l'ampleur mais combien sa conscience risquait d'en souffrir. Mais nos conversations portaient plus volontiers sur les amourettes de sa fille Diane avec mon fils Jean, au sortir de la Maternelle...
Je m'exprime ce soir parce que ma parole ne vaut que par le bulletin que je glisse dans l'urne quand, comme mes concitoyens, on daigne me consulter. J'ai bien pensé un temps pouvoir influencer le cours des choses en travaillant avec les politiques, en secondant ces élus, pour rappeler à leur génie et à leur sens de l'histoire, le quotidien des gens, leur ressenti, leurs attentes... Quand j'étais à Sciences Po, je pensais qu'un député ou un conseiller général ne devait agir qu'en référence permanente aux attentes de ceux qui l'ont élu mais aussi de tous ceux qu'ils représentent, fidèles ou opposants. Lorsque Chantal Bourragué, alors conseillère municipale et conseillère générale de mon canton m'invita à un déjeuner dans un petit restaurant du quartier, en compagnie d'un ami, le regretté Thierry de Villamil, patron chrétien engagé. Je savais qu'elle envisageait de se présenter aux Législatives. Je connaissais la qualité de son engagement au service des gens du quartier, toujours un dossier sous le bras, intervenant avec beaucoup d'assiduité dans des situations parfois lourdes. Elle nous posa la question : "dois-je y aller ?" Notre réponse fut la même : si c'est pour continuer à une autre hauteur ce travail social, cette assistance aux plus démunis, si c'est pour continuer à être l'élue du peuple et si c'est pour servir la Nation, alors oui sans hésiter. Mais pourrait-elle garder son âme ? L'appareil du parti, les contingences de la politique politicienne n'auront-ils pas vite fait de museler ces vélléités de service même guidées par le désir d'être aimée et reconnue ?
Son premier discours au lendemain des élections, à sa permanence Cours de Verdun, fut une catastrophe. Mal préparé, mal écrit, mal dit, il n'enthousiasma personne et fit ricaner beaucoup de monde... Avec toute l'amitié que j'ai pour elle, Chantal est un de ces députés-godillots qui suivent et n'osent jamais. Dommage. En tant que femme, en tant qu'élue du peuple, elle pourrait dénoncer, s'opposer, critiquer, rappeler les vérités qui l'ont porté dans l'hémicycle... Y restera-t-elle au prochain tour ? Certainement si elle réunissait dans sa circonscription par exemple les hommes et les femmes des secteurs défavorisés de ces quartiers qu'elle connait bien, pour les associer à sa réflexion et à son travail parlementaire en leur parlant des textes sur lesquels elle travaille en commission, sur les projets du gouvernement... Prendre leur avis, écouter leurs idées. Si elle repartait au Palais Bourbon avec doléances et suggestions même à contre-courant de la ligne du groupe parlementaire dont elle fait partie ? Utopie bien sur.
Combien j'aurai aimé, au lendemain du Référendum, entendre le Président dire "Je vous ai compris, je me suis trompé. Vous m'avez rappelé le sens et la force des convictions qui en 2002 vous ont amené à me faire confiance et qui sont depuis toujours votre attente et ma pensée. Nous croyons en l'Idée Européenne, nous croyons en ce projet, pour l'avenir de nos enfants. Nous croyons que la Nation toute entière doit y trouver sa place et je ferai en sorte que la voix de la France qui s'est exprimée aujourd'hui soit acceptée, reconnue et suivie par tous les peuples des nations qui forment l'Union"... Il aurait montré que sa légitimité ne valait que par le lien intime et personnel qu'il entretient avec les français. Il se serait posé en homme de convictions, en homme d'état et non pas en simple politicien défendant sa place et ne comprenant pas le choix du peuple. Il aurait pris ses distances avec les élites parisiennes méprisantes et arrogantes (souvenez-vous de l'atitude pitoyable de la plupart des journalistes, de presque tous nos hommes politiques à gauche comme à droite, de certaines vedettes...). Bertrand Renouvin dit que je me leurre, qu'il ne faut plus rien attendre ni de ce Chef de l'Etat là, ni de son entourage ni d'aucun des membres de cette oligarchie finissante. Mais je suis légitimiste vous ai-je dit alors je soutiens le Président, et son gouvernement et le parti qui aujourd'hui revendique l'héritage du Général de Gaulle. Alors, j'attends, je m'exprime et j'espère. Il va parler ce soir. Sa voix résonnera haut et fort sur toutes les chaines de télévision et il s'adressera à la France, celle des lycéens et des étudiants, celle des syndicats, celle des employeurs, celle de gauche comme celle de droite. Il dira clairement que la loi qui a fait descendre tant de monde dans les rues sera promulguée, mais que le Parlement devra la compléter, la seconder par des textes qui rassureront en "protégeant", puisque c'est le désir intrinsèque qui transparait depuis un certain temps chez nous à chaque tentative de rénovation. La mondialisation est inévitable, (je préfère parler de globalisation). au lieu de s'y opposer systématiquement, voyons plutôt comment nous pourrons limiter les dégâts et éviter que les plus faibles, les plus fragiles, les plus démunis ne soient engloutis par ce monde nouveau. La France a un rôle important à y jouer, justement au nom de ce qu'elle fut : la première Nation à secouer le joug des despotismes, la première à avancer au nom de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité. Le Président ainsi, en rassurant, en expliquant, rappelera tout le monde à l'ordre et il aura joué son rôle : arbitre, meneur et sage. Si seulement...

21.3.06

Clin d'oeil.

Commentaires d’une étudiante, sur le terrain…Pour le respect des droits de chacun !

Je vous écris pour vous demander votre soutien aux étudiants qui se trouvent pris en otage par les manifestations actuelles mais aussi pour vous exposer la réalité de notre situation bien loin de celle que les médias comme à leur habitude déforme.
Je suis étudiante en master de droit des affaires à Paris X-Nanterre et je suis révoltée face au blocus des universités.
Premièrement il faut rétablir la vérité, la majorité des étudiants Sont contre ce blocus sauf que nous subissons des menaces et des intimidations alors peu d'entre nous osent prendre la parole. De plus, les médias font preuve d'une véritable manipulation dans leurs reportages et oublient bien souvent de mentionner les moyens totalement anti-démocratiques utilisés par ces manifestants.
Tout d'abord, les assemblées générales qui ont été diffusées à la télévision ne sont qu'une mascarade : ainsi lorsque le résultat d'une première AG avait donné le non au blocus majoritaire, dès le lendemain une seconde AG était organisée par une minorité de manifestants pour revoter illégitimement le blocus, ne respectant pas la décision des étudiants. Enfin l'AG réunissant le plus grand nombre d'étudiants jeudi dernier était un véritable scandale : nous étions majoritaires contre le blocus alors ils nous ont d'abord imposé 3 heures de faux débats ( temps de parole inégal et les intervenants autorisés étaient à 90% leurs partisans). Ils ont mené une véritable propagande anti-gouvernementale bien loin du problème du CPE et énoncé des aberrations telles que le CPE facilite le licenciement des femmes enceintes et permet de licencier pour une tenue vestimentaire non conforme en dehors des horaires de travail... Le problème c'est que la plupart des jeunes (non juristes) le prenne pour parole d'évangile!!! D'autre part pendant cette assemblée la sécurité laisse des individus circuler avec des foulards cachant leurs visages et manifestement menaçants. Enfin le vote s'effectue à main levée avec des gens qui pour la plupart ne sont absolument pas étudiants mais des syndicalistes ou autres appelés en renfort: nous étions 2000, seulement 750 ont voté pour le blocus et ils ont quand même déclaré que nous avions perdu!!!Mais le plus grave ce sont les intimidations et la violence de ces Gens que les médias ne dénoncent pas: jeudi et vendredi lorsque des Etudiants ont voulu entrer dans leur faculté des bagarres ont éclaté à coups de barres de fer, une jeune fille a été poussée dans les escaliers par des représentants de l'Unef et a été sérieusement blessée mais là encore personne ne dit rien ou ne se scandalise: non toute cette violence est légitimée par le droit de grève?!!!Enfin lorsque les manifestants étaient minoritaires face aux vrais étudiants qui voulaient accéder aux cours, ils ont fait appel à des lycéens de Nanterre arrivant en masse et criant. Ces jeunes n'étaient là que pour nous intimider et n'ont trouvé rien de mieux que de se prendre en photo avec leurs portables devant l'université en nous narguant et chahutant démontrant leurs réelles motivations!!!
C'est donc un appel à l'aide que je vous adresse pour les vrais étudiants qui veulent que leur droit à l'éducation et celui de ne pas faire grève soient respectés. Les dirigeants de notre université étant démissionnaires et les médias refusant de prendre en compte notre témoignage, je vous sollicite donc pour nous aider à rétablir la vérité et pour que l'Université française redevienne un lieu où les libertés individuelles peuvent s'exercer loin des propagandes et de la violence.
Je vous remercie de votre attention et d'essayer de diffuser au maximum ce message.
Sophie
Tout le monde s'agite autour du C.P.E. Les journalistes en font des tonnes, les lycéens descendent dans la rue sans trop rien comprendre et beaucoup veulent en déécoudre. Si on s'arrêtait un instant pour réfléchir. Combien parmi les journalistes, les lycéens et les étudiants ont lu le texte ? J'ai déniché sur le net ce texte bien fait et très clair. Entre autres, il fait la part des choses et arrive à la même conclusion que beaucoup d'entre nous : ce n'est pas la panacée qui nous est proposée mais une tentative pour sortir de cette incroyable situation française où, en dépit de tous les éléments et les outils bien en place pour sortir notre pays du marasme et de la grisaille, nous semblons nous y complaire et cherchons systématiquement à tuer dans l'oeuf toute idée novatrice ou tout projet d'avancée. Je n'ai jamais trouvé les jeunes, les syndicats et la presse aussi réactionnaire. Bon sang, ce qu'il nous faut c'est de la lattitude pour innover, inventer, créer, s'engager, prendre des risques. Vous en voulez vous d'un pays qui s'auto-démoralise en permanence, qui vivrait de nostalgie et de regrets, de défiance et de rancoeurs, peuplé de fonctionnaires sans conviction ? Pas moi.

Je reste toute ébahie devant les journalistes, même prétendument de droite, qui prétendent que "la démocratie" (dont chacun sait que ce n'est pas pour moi une idole, mais dont je connais et, vivant en démocratie, je respecte les règles) exige que le gouvernement s'incline devant l'opposition de "la rue", des "étudiants", des médias.Or, à tout prendre, qu'y a-t-il : six cents quatre vingt étudiants, pas un de plus, qui ont envahi la Sorbonne et le Collège de France, ouvrant portes et fenêtres aux pillards, pour toute la région parisienne ; quinze cents étudiants pour Bordeaux ; quelques centaines à Toulouse et à Rennes ; trois présidents d'Université (sur plus de quatre-vingt) qui exigent le retrait du CPE. Sans les médias - même de droite - et sans l'UDF, désormais dans l'opposition déclarée, pour faire mousser tout cela, cela pourrait s'apaiser en vingt-quatre heures : montrer aux foules non pas des groupes d'étudiants et de lycéens (les lycéens, comme on sait, étant toujours plus influençables, en raison de leur âge, que les étudiants, et étant plus prêts, aussi, à "sécher les cours" surtout dans les classes sans examen, parce que pour un jeune élève, un jour de congé, et un jour de congé que l'on peut passer à brailler en se promenant, c'est toujours bon à prendre) dont le commentateur déclare qu'ils sont 2.000 alors que l'œil, lui, voit qu'il y a environ une cinquantaine de jeunes, assez dispersés d'ailleurs.
On peut craindre en effet, qu'à force de faire mousser ces quelques milliers de jeunes, on attire (c'est déjà fait pour bon nombre de leurs professeurs, dont on n'ignore pas qu'ils sont en majorité à gauche) des foules beaucoup plus importantes. Je ne suis pas du tout fanatique du CPE, je pense qu'il y aurait beaucoup mieux à faire.
Je suis encore moins fanatique de Villepin et du gouvernement. Mais je sais aussi que toutes les fois qu'un gouvernement dit "de droite" a reculé devant des manifestations d'étudiants, souvent plus sérieuses que celle-ci, nous l'avons payé cher, parce que les élections suivantes ont amené au pouvoir les éléments les pires de la gauche. Je ne souhaite pas que nous ayons en 2007 un président Villepin (ou pire, Chirac III) mais je souhaite encore moins un gouvernement Royal, ou pire, Besancenot. Je pense que nous n'avons rien à tirer de bon d'un mouvement étudiant qui s'amplifierait et d'un recul du gouvernement.

Et je pense aussi que nous, et surtout nos enfants et petits-enfants, lycéens et étudiants, devons savoir précisément de quoi il s'agit au lieu d'en débattre dans le vide. Or j'ai pu constater que tous ces jeunes gens ne savent absolument pas de quoi il s'agit.

J'ai un petit fils, pas plus bête qu'un autre, qui est en seconde. Ses professeurs ont prévu pour aujourd'hui, un débat sur le CPE. J'ai demandé à mon petit-fils ce qu'il en pensait et il m'a répondu, sans colère d'ailleurs, que c'était un contrat qui permettait aux patrons de flanquer à la porte un salarié sans explications.

Je lui ai proposé (et il a accepté) de lui envoyer un petit dossier, que j'ai constitué : pas grand'chose : le texte même de l'amendement créant le CPE, et une analyse de ce texte montrant en quoi il différait d'un CDI ou d'un CDD, soit en étant plus favorable, soit en étant plus défavorable, et en lui expliquant pourquoi le licenciement sans motif déclaré était utile à l'entreprise, en ne l'obligeant plus, dans la plupart des cas, à un procès aux prud'hommes qui, même gagné, coûte cher en frais juridiques et en temps passé. Alors, je vous envoie ce dossier, pour que vous puissiez l'utiliser (j'ai aussi un petit dossier complémentaire, comprenant les articles du code du travail qui ne sont pas applicables au CPE, que je peux envoyer sur demande). Amitiés.

Anne-Lys,
le 20 mars 2006

DOSSIER SUR LE CPE

Voici, pour commencer, le texte exact et complet de l’amendement à la loi sur l’égalité des chances qui établit le Contrat première embauche, amendement qui a été voté par l’Assemblée nationale et le Sénat et qui est donc voté définitivement.
AMENDEMENT N° 3 Rect. présenté par le Gouvernement.
ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant :
I. - Les employeurs qui entrent dans le champ du premier alinéa de l'article L. 131-2 du code du travail peuvent conclure, pour toute nouvelle embauche d'un jeune âgé de moins de 26 ans, un contrat de travail dénommé " contrat première embauche ".
L'effectif de l'entreprise doit être supérieur à vingt salariés dans les conditions définies par l'article L. 620-10 du code du travail.
Un tel contrat ne peut être conclu pour pourvoir les emplois mentionnés au 3° de l'article L. 122-1-1 (il s’agit des professions du spectacle) du code du travail.
II. - Le contrat de travail défini au I est conclu sans détermination de durée. Il est établi par écrit.
Ce contrat est soumis aux dispositions du code du travail, à l'exception, pendant les deux premières années courant à compter de la date de sa conclusion, de celles des articles L. 122-4 à L. 122-11, L. 122-13 à L. 122-14-14 et L. 321-1 à L. 321-17 de ce code.
La durée des contrats de travail, y compris des missions de travail temporaire, précédemment conclus par le salarié avec l'entreprise dans les deux années précédant la signature du contrat première embauche, ainsi que la durée des stages réalisés au sein de l'entreprise sont prises en compte dans le calcul de la période prévue à l'alinéa précédent.
Ce contrat peut être rompu à l'initiative de l'employeur ou du salarié, pendant les deux premières années courant à compter de la date de sa conclusion, dans les conditions suivantes :
1° La rupture est notifiée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ;
2° Lorsque l'employeur est à l'initiative de la rupture et sauf faute grave ou force majeure, la présentation de la lettre recommandée fait courir, dès lors que le salarié est présent depuis au moins un mois dans l'entreprise, un préavis. La durée de celui-ci est fixée à deux semaines, dans le cas d'un contrat conclu depuis moins de six mois à la date de la présentation de la lettre recommandée, et à un mois dans le cas d'un contrat conclu depuis au moins six mois ;
3° Lorsqu'il est à l'initiative de la rupture, sauf faute grave, l'employeur verse au salarié, au plus tard à l'expiration du préavis, outre les sommes restant dues au titre des salaires et de l'indemnité de congés payés, une indemnité égale à 8 % du montant total de la rémunération brute due au salarié depuis la conclusion du contrat. Le régime fiscal et social de cette indemnité est celui applicable à l'indemnité mentionnée à l'article L. 122-9 du code du travail. À cette indemnité versée au salarié s'ajoute une contribution de l'employeur, égale à 2 % de la rémunération brute due au salarié depuis le début du contrat. Cette contribution est recouvrée par les organismes mentionnés au premier alinéa de l'article L. 351-21 du code du travail conformément aux dispositions des articles L. 351-6 et L. 351-6-1 du même code. Elle est destinée à financer les actions d'accompagnement renforcé du salarié par le service public de l'emploi en vue de son retour à l'emploi. Elle n'est pas considérée comme un élément de salaire au sens de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale.
Toute contestation portant sur la rupture se prescrit par douze mois à compter de l'envoi de la lettre recommandée prévue au 1°. Ce délai n'est opposable aux salariés que s'il en a été fait mention dans cette lettre.
Par exception aux dispositions du deuxième alinéa, les ruptures du contrat de travail envisagées à l'initiative de l'employeur sont prises en compte pour la mise en œuvre des procédures d'information et de consultation régissant les procédures de licenciement économique collectif prévues au chapitre Ier du titre II du livre III du code du travail.
La rupture du contrat doit respecter les dispositions législatives et réglementaires qui assurent une protection particulière aux salariés titulaires d'un mandat syndical ou représentatif.
En cas de rupture du contrat, à l'initiative de l'employeur, au cours des deux premières années, il ne peut être conclu de nouveau contrat première embauche entre le même employeur et le même salarié avant que ne soit écoulé un délai de trois mois à compter du jour de la rupture du précédent contrat.
Le salarié titulaire d'un contrat première embauche peut bénéficier du congé de formation dans les conditions fixées par les articles L. 931-13 à L. 931-20-1 du code du travail.
Le salarié titulaire d'un contrat première embauche peut bénéficier du droit individuel à la formation prévu à l'article L. 933-1 du code du travail prorata temporis, à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date d'effet du contrat. L'organisme paritaire agréé mentionné à l'article L. 931-16 de ce code assure la prise en charge des frais de formation, de transport et d'hébergement ainsi que de l'allocation de formation due à ce salarié.
L'employeur est tenu d'informer le salarié, lors de la signature du contrat, des dispositifs interprofessionnels lui accordant une garantie et une caution de loyer pour la recherche éventuelle de son logement.
III. - Les travailleurs involontairement privés d'emploi, aptes au travail et recherchant un emploi au sens de l'article L. 351-1 du code du travail, ayant été titulaires du contrat mentionné au I pendant une durée minimale de quatre mois d'activité ont droit, dès lors qu'ils ne justifient pas de références de travail suffisantes pour être indemnisés en application de l'article L. 351-3 du code du travail, à une allocation forfaitaire versée pendant deux mois.
Le montant de l'allocation forfaitaire ainsi que le délai après l'expiration duquel l'inscription comme demandeur d'emploi est réputée tardive pour l'ouverture du droit à l'allocation, les délais de demande et d'action en paiement, le délai au terme duquel le reliquat des droits antérieurement constitués ne peut plus être utilisé et le montant au-dessous duquel l'allocation indûment versée ne donne pas lieu à répétition sont ceux applicables au contrat nouvelles embauches.
Les dispositions de la section 4 du chapitre Ier du titre V du livre III du code du travail sont applicables à l'allocation forfaitaire.
Les dispositions de l'article L. 131-2, du 2° du I de l'article L. 242-13 et des articles L. 311-5 et L. 351-3 du code de la sécurité sociale ainsi que celles des articles 79 et 82 du code général des impôts sont applicables à l'allocation forfaitaire.
Cette allocation est à la charge du fonds de solidarité créé par la loi n° 82-939 du 4 novembre 1982 relative à la contribution exceptionnelle de solidarité en faveur des travailleurs privés d'emploi.
L'État peut, par convention, confier aux organismes mentionnés à l'article L. 351-21 du code du travail ou à tout organisme de droit privé la gestion de l'allocation forfaitaire.
Un accord conclu dans les conditions prévues à l'article L. 351-8 du code du travail définit les conditions et les modalités selon lesquelles les salariés embauchés sous le régime du contrat institué au I peuvent bénéficier de la convention de reclassement personnalisé prévue au I de l'article L. 321-4-2 du code du travail. À défaut d'accord ou d'agrément de cet accord, ces conditions et modalités sont fixées par décret en Conseil d'État.

Alors, qu’est ce que cela représente :
Un contrat en CDI, avec toutes les règles du CDI, à l’exception de celles qui concernent les licenciements, qui sont modifiées, puisque l’employeur (et le salarié) ont le droit de mettre fin au contrat sans motif pendant les 24 premiers mois, comme actuellement en CDI pendant la période d’essai. Ces 24 premiers mois sont donc une période d’essai prolongée, mais pendant laquelle les jeunes salariés bénéficient d’avantages qu’ils n’auraient pas lors d’une période d’essai en CDI ou même pendant le CDI après la fin de la période d’essai.
Comme pour un CDI (Contrat à durée indéterminée), le licenciement doit être notifié au salarié par lettre recommandée avec accusé de réception.
Attention :
I - ces vingt-quatre mois sont calculés en prenant en compte les stages, cdd ou périodes d’intérim que le salarié a déjà pu faire dans l’entreprise. Par exemple, soit un salarié qui aura travaillé quinze jours en stage dans l’entreprise Y, puis qui aura obtenu de cette entreprise un cdd (contrat à durée déterminée) de neuf mois, l’employeur (et le salarié) ne pourra mettre fin au contrat sans donner de motif que pendant douze mois et demi.
A l’expiration du délai de vingt-quatre mois ainsi calculé, le CDE est automatiquement transformé en CDI. L’employeur doit justifier tout licenciement, en revanche le salarié perd certains avantages (sur le montant des indemnités de licenciement).avantages du CPE pour le jeune salarié

I- A la différence de la période d’essai d’un CDI (qui permet de mettre fin au contrat sans préavis), le licenciement ouvre droit à un préavis de deux semaines pendant les six premiers mois et d’un mois ensuite (si le salarié a travaillé en stage ou en cdd dans la même entreprise, la durée du ou des stages, du ou des cdd entre en compte : ainsi, dans l’exemple précédent, le salarié aurait droit à un préavis d’un mois quelle que soit la date de son licenciement avant l’achèvement du CPE.
II - à la différence d’un CDI (où l’employeur ne doit aucune indemnité au salarié s’il le licencie pendant la période d’essai et n’en doit une, après cette période, qu’après vingt-quatre mois d’activité dans l’entreprise), le salarié a droit dès le début à une indemnité de licenciement égale à 8% des salaires bruts perçus depuis le début du contrat (et donc pendant les stages ou cdd qui l’ont précédé). L’entreprise doit aussi verser 2% des salaires versés aux organismes de sécurité sociale.
III- A la différence d’un CDI (pendant la période d’essai et après celle-ci, le salarié en CPE a droit à une formation dès son premier mois d’embauche (et non plus tard comme dans les CDI).
IV - Toutes les protections que le code du travail assure aux femmes enceintes, aux délégués syndicaux et autres catégories protégées s’appliquent aux salariés en CPE.
V - A la différence des CDD et CDI, le salarié en CPE licencié a droit à des indemnités de chômage dès qu’il a cumulé quatre mois de travail.

Inconvénient évident du CPE:
La possibilité d’être licencié sans explications pendant les vingt-quatre premiers mois.

Pourquoi cette possibilité ?
Parce que les employeurs rechignent à engager des salariés, surtout des jeunes qui ne sont pas immédiatement utiles dans l’entreprise, qu’il faut former, s’ils ne peuvent pas mettre fin à leur contrat soit parce qu’ils ne donnent pas satisfaction (par exemple parce qu’ils n’auront pas réussi à se former pour les fonctions qu’on désire leur attribuer) ou si les affaires vont mal.

Mais avec un CDI, les employeurs peuvent licencier pour des "raisons réelles et sérieuses" ?

Oui, mais il est très rare qu’un salarié accepte (sauf accord avec l’employeur et octroi d’une indemnité) de reconnaître que la cause du licenciement est réelle et sérieuse. Presque toujours, le salarié attaque son employeur aux Prud’hommes. Comme les entreprises, surtout les petites et moyennes entreprises, n’ont pas forcément un juriste spécialisé dans leur personnel, elles doivent faire appel à un avocat dont les honoraires sont en général de l’ordre de 450 à 600 € l’heure, et rien que l’audience au tribunal représente deux ou trois heures. Un licenciement, même tout à fait justifié, coûte donc à l’entreprise quelque chose comme 5.000 € sans parler du temps passé, qui leur coûte aussi. Donc les entreprises souhaitaient surtout ne pas être obligées d’avoir systématiquement un procès aux Prud’hommes pour chaque licenciement.

Ce que j’en pense personnellement :
Je ne pense pas que le CPE soit la meilleure solution possible, mais elle a l’avantage d’exister. En fait, si certains le repoussent, ce n’est pas dans l’intérêt des jeunes, mais parce que cette mesure constitue un premier "trou" dans le "filet de réglementations" qui ligote les entreprises. Et cela, c’est bon.
Anne-Lys, le 20 mars 2006

16.3.06

Ceux qui bloquent les facs sont ils des précaires ?

Lu sur un blog d'étudiants ce billet bien écrit et bien construit :
"Je viens de lire un article de presse consacré à un étudiant qui est un des meneurs de la contestation anti-cpe à Rennes. Aberrant. On y apprend que ce type, Pierre Marion, avait manifesté l'année dernière contre la loi Fillon, qu'il appartient au parti de Besancenot et à SUD (un syndicat de cheminots transformé en syndicat étudiant) et que son plus grand rêve consiste à essayer de transformer les manifs anti cpe en grève générale... Ce qu'il motive ? Combattre « les classes dirigeantes qui veulent saper les acquis sociaux pour faire toujours plus de profits ». Mais le meilleur est à venir, le même Pierre Marion, explique et, visiblement sans que cela ne lui pose de problèmes, que ceux qui font partis du mouvement anti cpe « sont rarement parmi les plus défavorisés » et que « vu qu'ils ne sont pas dans une situation précaire » (le petit Pierre habite chez son papa et sa maman qui, eux aussi engagés à gauche, sont très heureux que leur rejeton suive les traces de la tradition familiale), ils ont le temps de penser aux autres... Alors, Pierre, soit sympa, toi et tes potes arrêtez de penser aux autres. Arrêtez de bloquer nos facs et de penser que ça nous fait super plaisir de perdre des semaines de cours. (parce que tu vois, nous on ne vit pas chez nos parents, et quand tu bloques la fac un mois, et bien notre proprio, il ne nous fait pas grâce du loyer.) Arrêtez de brûler nos bouquins et de penser que ça nous rend service, parce que là encore, nous, on ne vit toujours pas chez nos parents, et que l'on a besoin de livres et de bibliothèques pour étudier. Et puis surtout, arrêtez de vouloir vous donner bonne conscience en aidant ceux qui ne vous l'ont pas demandé. Parce que si vous nous posiez la question - à nous les précaires, pas à vos AG « d'étudiants favorisés », pour reprendre tes termes - on t'expliquerait que la pire des injustices, c'est d'empêcher les gens d'aller en cours et que la pire des précarités, c'est le chômage. Mais bon, ça toi Pierre tu t'en fous, finalement on est des idiots qui n'avons rien compris... l'avenir, c'est bien sûr la révolution...de salon !"
La dépêche AFP : Pierre, 19 ans: du lycéen anti-loi Fillon à l'étudiant anti-CPE (PORTRAIT) RENNES, 15 mars 2006 (AFP) :
Un an après avoir battu le pavé contre la loi Fillon, l'ex-lycéen Pierre Marion, 19 ans, est devenu, fort de cette première expérience, l'un des leaders de la contestation étudiante anti-CPE à Rennes. "Cette fois, c'est un mouvement d'ensemble de la jeunesse: il y a une jonction entre lycéens et étudiants alors que l'an dernier on était isolé. Si ça part au niveau des salariés, le rapport de force penchera vraiment en notre faveur", estime Pierre, militant LCR syndiqué à SUD étudiant. Cheveux longs frisés, queue de cheval, le visage mince aux yeux clairs, vêtu d'un jean et d'un sweat-shirt, l'étudiant en géographie à Rennes II explique d'une voix éraillée par les manifestations qu'il est bien conscient que la France n'est pas au bord du grand soir, même s'il se dit "révolutionnaire". Titulaire d'un bac S avec mention "bien", Pierre est un bon élève. Fils de parents éducateurs, engagés à gauche, chez qui il habite toujours dans un quartier calme de Rennes. Conscient de faire partie des classes "plutôt privilégiées", il n'y voit aucune contradiction avec son combat politique. "Les gens qu'on trouve dans le mouvement sont rarement parmi les plus défavorisés", reconnaît-il. "Comme on n'est pas dans une situation précaire, on peut penser à autre chose qu'à soi-même". Favorable au blocage de son université, effectif depuis déjà cinq semaines, Pierre indique avoir beaucoup appris des protestations lycéennes en 2005, sa "première grande bataille". "Faire une AG, une manif, rédiger un tract, bloquer un lycée... ça ne s'improvise pas. L'expérience acquise l'an dernier est toujours là", dit-il. Cela a aidé cette année "à faire le lien lycée-fac". Pour Pierre, qui ne se reconnaît d'aucun modèle politique à l'étranger, "les classes dirigeantes veulent saper les acquis sociaux dans la logique de faire toujours plus de profits". Sensibilisé à la cause altermondialiste, il voit dans la "répartition inégalitaire des richesses" la principale injustice de la société, avec "une minorité de PDG qui gagne des millions alors que d'autres vivent dans la pauvreté". Considérant le parti communiste comme un mouvement "vieillissant", Pierre a été attiré par le "côté jeune de la LCR" incarné par son porte-parole, Olivier Besancenot, "un très bon orateur qui permet une couverture médiatique importante". "Depuis 1995, les mouvements sociaux n'ont obtenu aucune victoire d'ampleur. Cette fois, on voit la possibilité que le mouvement débouche et ça renforce notre détermination", affirme-t-il.
"Mai 68 est un mouvement étudiant qui a débouché sur une grève générale. On va essayer de faire la même chose, même si on ne refait pas l'histoire", explique Pierre.


Allez, c'est reparti, encore un p'tit coup de pensée unique...

C'est fou cette impression de déjà vu quand je vois passer les quelques centaines de lycéens qui manifestent contre le C.P.E. journalistes qui attisent et se frottent les mains d'avoir enfin quelque chose à montrer, militants du "toujours non" et du "certainement pas" qui retrouventd e quoi se mettre sous la dent, casseurs qui fourbissent leurs barres de fer et CRS muselés par un ministre qui fait les yeux doux aux services d'ordre des manifestants... Combien de ces jeunes attirés par la contestation autant que par le soelil printanier, ont compris ce qu'il y a dans ce fameux C.P.E. ? Hier matin j'en aavais cinq ou six autour de moi, visiblement peu concernés en réalité : jeunes lycéens de seconde et de première, fils de famille, suffisamment nantis pour ne pas avoir à souffrir les affres de la précarité et du chômage. Leurs propos agressifs se transformèrent bien vite en soupirs de gêne et d'hésitation : nous avons lu et commenté ensemble le texte présenté par le gouvernement. un ou deux écervelés sont partis en pensant que j'étais un vieux réactionnaire de droite. Les autres m'ont remercié de les avoir éclairé et sont retournés en cours... Je dois effectivement être devenu un vieux c.. réactionnaire de droite, mais c'est à chaque fois pareil. Un gouvernement essaie, avec les moyens dont il dispose, dans le contexte difficile de la société malade d'aujourd'hui. Les journalistes lancent les grandes lignes, souvent tronquées, mal expliquées et par la superficialité de leur information attisent rancoeur et humeurs. Quelques excités professionnels en profitent pour essayer de rameuter les foules, le temps se fait plus clément et hop tout ce petit monde mal-informé ou désinformé descend dans la rue, prêt à tout casser. Et comme ces parangons de la solidarité ont une visions assez stalinienne de la liberté et de la démocratie, ils empêchent ceux qui veulent travailler de le faire, bloquent les voies de chemin de fer, brûlent des livres, cassent du matériel et crachent sur ceux qui résistent à leur chant de sirènes hystériques... Oui, je crois bien que je deviens réactionnaire car le C.P.E., loin d'être parfait, loin d'être idéal, à le mérite de réunir tous les outils qui nous restent pour réduire le chômage. Cependant, ce n'est pas de réduction du chiffre des chômeurs dont il doit s'agir, mais du travail qu'il faut trouver aux gens.

10.3.06


"Dans nos institutions de la Vème République et compte tenu de mon engagement et de ma conviction gaullistes, l’élection présidentielle c’est la rencontre entre un homme et un peuple".
Extrait de sa conférence de presse de Dominique de Villepin, le 1er décembre 2005. Dont acte.

7.3.06

En finir avec leur protocole compassionnel

"Le dessein français, c'est la France elle-même" écrivait récemment Bertrand Renouvin dans un éditorial de Royaliste, le mensuel de la N.A.R., une des rares revues intelligentes et clairvoyantes qui fait fi des idées communes et de la pensée unique. Avec Gérard Leclerc à ses côtés et toute son équipe de rédacteurs, Bertrand Renouvin nous apporte un éclairage intéressant et indépendant. Rare de nos jours. On peut ne pas partager toutes les analyses que fait la revue, mais l'ouverture d'esprit, l'intelligence et la qualité littéraire des articles vaut à Royaliste des lecteurs de toutes les tendances. Je considère cette revue comme l'une des seules qui soit honnête. Elle diffuse, répand et défend la pensée gaulliste. La vraie. Pour une certaine idée de la France : "[le dessein français], C'est l'aventure d'un peuple dans l'histoire qui se fait non la contemplation nostalgique ou morbide du passé. Les plus avisés de nos penseurs (Régis Debray, Marcel Gauchet...) montrent que ni l'Etat ni la nation ne sont "dépassés" mais que notre collectivité et ses institutions continuent de porter promesse d'avenir commun. Le fait qu'on ne les voie guère à la télévision n'invalide pas leurs thèses mais confirme l'autodestruction des grands médias, qui ne médiatisent plus rien.
Dans sa grande majorité, le peuple français est constitué de citoyens qui, comme Max Gallo, sont fiers d'être français (Fier d'être français, Fayard, 2006). La fierté, c'est un sentiment qui s'affirme en-deça de l'orgueil et au-delà de l'humiliation. Georges Bernanos dit bien qu'il n'y a pas d'orgueil à être français et Max Gallo a raison de fustiger les misérables tactiques de repentance.
Nous ne ferons pas revivre les Français, protestants, catholiques, blancs, bleus et rouges, massacrés par d'autres Français. Mais nous tous avons à défendre, selon le meilleur de la tradition française, nos concitoyens aujourd'hui sacrifiés au nom de la concurrence et du profit, maltraités à cause de leur nom et de leur visage.
Ecoeurés par les discours compassionnels, nous savons que cette défense doit être assurée par l'Etat, selon les principes de la raison politrique qui commande la justice sociale. Cette politique implique la nationalisation des secteurs stratégiques - à commencer par le crédit -, la protection tarifaire de l'Union européenne, la mâîtrise de la politique monétaire commune, l'inflation salariale, le financement par déficit budgétaire de la croissance et du développement.
A l'encontre du nationalisme autoritaire et du communautarisme qui cherchent à imposer des stratégies d'enfermement rivales au risque de la guerre civile, la continuation du projet gaullien offrira aux français une plus grande ouverture sur le monde.
Car si nous sommes fiers d'être français, c'est que d'innombrables étrangers se scandalisent que quelques uns, parmi nous en éprouvent de la honte.
Ceux qui écrivent ces temps-ci que notre patrie est partout brocardée sont aveugles et sourds, ou nous mentent. La France n'a cessée d'être aimée lorsque son peuple était livré à l'ennemi par un pouvoir de fait. Elle continue d'être regardée avec passion, sa langue est encore aujourd'hui parlée avec bonheur dans maints pays que nos oligarques ignorent ou méprisent et les divers modes de coopération subsistant continuent de susciter des adhésions enthousiastes.
Parmi nos propres amis, ceux qui voyagent ou vivent hors de nos frontières savent que la meilleure manière de ne pas décevoir les amis étrangers est d'affirmer un amour discret de la patrie, qui implique fidélité au projet national et mise en valeur du rôle de l'Etat - toujours identifié au général de Gaulle.
Les témoignages d'admiration et de confiance qui nous sont adressés ne font qu'attiser notre impatience d'en finir avec une oligarchie qui voulait nous convaincre que sa propre agonie, qu'elle pressent, était celle de la France."
Bertrand Renouvin,
Extrait de l'Editorial de royaliste n° 876,
20 février 2006

5.3.06

ça continue et cela empire !

On ne peut plus allumer une radio ni ouvrir un journal sans qu'on nous rabatte les oreilles avec la grippe aviaire. Voilà maintenant que les enfants dans les écoles ont été contraints d'entendre leurs maitres aborder le sujet dans une solennité quasi religieuse. Et les pauvres chéris sont revenus affolés. Chez nous, la petite dernière (9 ans) est revenue inquiète pour son chat qui "allait mourir de la grippe des oiseaux" et puis "il faut plus manger de poulet"... Je lui ai donc expliqué qu'un seul chat en Europe serait mort des éventuelles conséquences d'une transmission du virus, que ce virus n'est pas celui d'une grippe en fait mais qu'il s'agit de la peste aviaire, connue et répérée depuis longtemps en Asie et qui effectivement se répand d'autant plus que les conditions d'élevage des volailles se font extensives et dans une promiscuité qualifiable de concentrationnaire. Mais n'y aurait-il pas un de nos élus quelque part qui ose affronter ces imbéciles de journalistes (je pèse mes mots) pour leur dire de se taire plutôt que de répandre des nouvelles, qui oserait monter au créneau pour éclaircir cette affaire et arrête définitivement l'hystérie de la presse avant que la panique ne gagne les gens. Je ne sais plus qui disait qu'il ne s'agit plus de médias. Ce sont de mauvais et d'inutiles saltimbanques !
Je n'écoutais presque plus les informations, je n'achète guère plus de journaux français. Me voilà maintenant décidé à ne plus jamais écouter la radio ni lire la presse française. Pourtant, ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un grincheux ni un râleur. Mais ça déborde vraiment. Je ne puis accepter d'être comme tous els autres avec moi pris pour un imbécile ! Je vais m'activer sur ce blog à répandre ce que je crois être la vérité et me battre avec mes petits moyens de citoyen libre et conscient du poids des mots, pour contribuer à propager la vérité et faire la chasse à la propagande, à la désinformation, au conditionnement, à la lutte à peine déguisée qui est faite chaque jour davantage contre la démocratie. Je veux dénoncer le cynisme, la prétention, le dénigrement, le mensonge de ceux qui parmi nos prétendues"élites" ne roulent que pour eux, pour leur fortune et leur ambition personnelles.
Citoyens, réveillez-vous, on est en train de confisquer vos droits et vos libertés, sans que personne ne semble s'en rendre compte. Ne soyez plus dupes, criez votre dégoût et votre ras-le-bol.
Cherchons des représentants qui soient sincères dans leurs convictions, motivés dans leurs engagements, fidèles à leurs sentiments profonds, face aux appareils politiques, économiques, médiatiques qui n'ont plus aucune considération ni respect pour le peuple. De gauche comme de droire, au pouvoir comme dans l'opposition, traquons sans cesse les imposteurs, quelque soit leur position, leur défense, leur aspect médiatiquement sympathique.
Redonnons espoir aux peuples qu'on méprise, redonnons confiance aux jeunes qui désespèrent, redonnons leur couleur aux idéaux qu'on piétine !
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POUR EN FINIR AVEC
L'ESCROQUERIE MEDIATIQUE SUR LA GRIPPE AVIAIRE :
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Sans cautionner ni défendre les "théories du complot" qui sont finalement uniquement l'effet-miroir des abus et des mensonges des médias, des politiques et des groupes financiers, voici un extrait du commentaire du célèbre Docteur Horowitz. Il est formel : la campagne actuelle telle qu'elle est relatée dans les médias n'est que de l'hystérie et est politiquement manipulée :
"Si la grippe aviaire devient réellement une pandémie redoutable, ce sera à la suite d’une volonté politique délibérée. Par cet article, nous pouvons être mieux informés sur le prochain génocide “médicalement assisté”, tout en nous confiant dans le Seigneur pour notre protection!
En avril 2003, nous avons déjà connu le SARS (Severe Acute Respiratory Disease, SRAS en Français), ou pneumonie atypique. Cette maladie nous venait également d’Asie, et frappa lourdement la région de Toronto. J’étais sur place pendant presque toute la durée de cette épidémie, qui annonçait la grippe aviaire actuelle. On a dit à l’époque que le SRAS était la dernière venue de toute une série de maladies nouvelles, provoquées par une série de mystérieux "super germes" mutants qui devaient frapper l’humanité.
Une étude scientifique attentive des caractéristiques médico- sociologiques et des antécédents de cette épidémie a révélé quelque chose de bien plus insidieux que le SRAS proprement dit. J’ai considéré la réaction des médias comme doit la considérer tout diplômé de Harvard, expert en problèmes de santé publique et en techniques psychologiques de persuasion mentale. Car cette épidémie possédait toutes les caractéristiques d’une nouvelle expérimentation sociale conduite par des "bioterroristes" en blouse blanche.
Il me parut clair que cette manipulation humaine sans précédent était destinée à endoctriner les masses populaires et à les manipuler subtilement, pour qu’elles soutiennent une politique de santé publique parfaitement inadaptée à la venue d’une pandémie massive, malgré toute la législation existante. Tout au long de l’épidémie de "pneumonie atypique", les médias n’ont cessé de faire référence à des "agents bactériologiques" nouveaux, qui pouvaient provoquer la disparition du tiers à la moitié de la population mondiale. Ayant étudié à fond tout ce qui a été publié récemment en matière de contrôle de la population, ainsi que les objectifs actuels des principales sociétés industrielles multinationales, j’ai remarqué que ces "prédictions" correspondaient étroitement à certains objectifs officiels en matière de réduction de la population mondiale.
En 2003, la lutte menée au Canada contre le SRAS, pour la première fois de l’histoire de ce pays, fut dirigée directement par les Nations Unies et par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Pour avoir découvert les liens étroits qui existaient, sur les plans financier et administratif, entre les organisations suivantes, j’ai constaté que la famille Rockefeller, la Fondation Carnegie, et les principaux dirigeants de l’industrie pharmaceutique mondiale, ont contrôlé la recherche canadienne et la lutte menée au Canada contre cette épidémie.
Aucune grande pandémie, ou épidémie à l’échelle mondiale, n’a jamais pu être séparée de son contexte économique et politique. L’épidémie de pneumonie atypique a fait avancer le programme politique du Nouvel Ordre Mondial beaucoup plus vite que tout autre problème de santé publique. Si les responsables politiques de la santé publique voulaient réellement prévenir ces épidémies nouvelles qui se produisent régulièrement, ou s’ils voulaient vraiment les traiter à la source, ils ne pourraient manquer de remarquer que ces agents bactériologiques dévastateurs sont toujours mystérieusement apparus au sein de structures secrètes associant certains milieux militaires, médicaux et de la biotechnologie. Il suffit simplement d’étudier la sociologie médicale pour s’en rendre compte.
Cela fait des décennies que certains "experts" nous prédisent l’arrivée prochaine d’une super épidémie dévastatrice. Ce qui a aussitôt éveillé mes soupçons, en ce qui concerne la pneumonie atypique, fut le moment où elle est survenue. Elle survint au moment même où était lancée la guerre totale contre le terrorisme, et la guerre Anglo-Américaine contre l’Irak. Il m’a semblé qu’il s’agissait là d’une occasion rêvée de "distraire" l’opinion publique du fait que l’administration Bush avait accusé Saddam Hussein d’accumuler un arsenal impressionnant d’armes bactériologiques, dont l’anthrax et le virus du Nil. L’épidémie de pneumonie atypique était donc caractéristique de ce que j’avais déjà annoncé dans l’un de mes livres au titre prophétique, publié avant les attaques du 11 septembre. Plusieurs mois avant ces attaques, je les avais annoncées dans ce livre, en présentant l’analyse conceptuelle qui nous permet de comprendre les liens qui existent entre ces épidémies et le Nouvel Ordre Mondial (Death in the Air : Globalism, Terrorism and Toxic Warfare, Tetrahedron Publishing Group, 2001 - “Mort dans l’air : Globalisme, Terrorisme et Guerre chimique”)...
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Lire la suite sur le lien suivant (traduit en français) :
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En anglais :