14.7.09

Les jeunes sont beaux nous dit Frère David


Frère David est dominicain, originaire de Martinique. Il a de nombreux apostolats, notamment : il est aumônier de Lycée, il a un apostolat dans la rue, il est appelé pour prêcher un peu partout, et il est aussi prieur du Couvent des Dominicains de Bordeaux. Titulaire d'une maîtrise en théologie, il a écrit, entre autre, un "pense-bête de la foi" sur cette question :
"Le pape est-il infaillible ?".


Il existe dans notre société, un phénomène indéniable que nous pourrions qualifier de racisme anti-jeunes. En effet, depuis quelques années, leurs agissements sont réprouvés sans discernement par une grande majorité. Or, ils ne font qu'exprimer la spontanéité, le dynamisme de leur âge face aux situations vécues et rencontrées. A part quelques extrêmes où la délinquance semble l'unique réponse à leurs problématiques. Les Jeunes sont beaux. Ils sont les étoiles des cieux en devenir. Ils sont ce que nous avons été dans une autre période. Et selon les périodes, les réponses diffèrent. Ce que nous ne saisissons point c'est la signification ontologique de ces réponses. Un regard plus clairvoyant, plus optimiste nous fait entrer progressivement dans leur Univers sans le violer. Ils sont beaux de la Beauté de l'Esprit qui les admire et les soutien dans leurs combats pour l'avenir. Oui, l'avenir est dans la paume de leurs mains. Il ne tient qu'à nous de les aider à le construire. Aucun individu sur cette terre n'est capable de s'édifier seul face à une société de plus en plus exigeante.
Nous devons impérativement leur donner les bases nécessaires pour qu'ils aient une colonne vertébrale solide. Serons-nous les parents ou éducateurs qui auront l'Amour suffisant pour conforter leur structuration ? Ou abandonnerons-nous lâchement les devoirs qui nous incombent ? Le Frère David n'évoque pas ces questions. En tant que Dominicain ayant voyagé sur de nombreux continents. Les Jeunes représentent à ses yeux, la braise qui couve sous le Feu. Les Jeunes sont flamboyants. Les Jeunes sont d'une beauté rare qu'il ne faut point détruire. Ils sont les fleurs du jardin de nos connaissances. Ils sont emplis de potentialités insoupçonnées. Telle est l'approche de Frère David Macaire. Telle est ma conviction profonde. Tous deux, nous connaissons bien les Jeunes pour vous affirmer qu'ils ne sont pas ce que les Médias en font. D'ailleurs, bon nombre de discours médiatiques ne servent qu'à entretenir les peurs et refus basiques de nos instincts animaux. Les Chrétiens ou Hommes et Femmes ayant une certaine Hauteur spirituelle ne peuvent se laisser piéger par de tels propos. Les Jeunes sont beaux. A nous d'épanouir dans un Respect absolu la splendeur de leurs métamorphoses. Que cette émission vous donne la Force de mieux comprendre nos chères têtes blondes.

30.6.09

Michael Jackson est mort : même pas mal !

Je ne résiste pas au bonheur de publier cette chronique de Riwal Ferry, parue sans Rue89. Enfin un souffle de sincérité et de liberté au moment où la planète donne l'impression de ne jamaispouvoir se remettre de la disparition de Michael Jackson. Je vous livre ce texte, gageons qu'il ne vous laissera pas indifférent ! :

"Il y a des moments où je me sens dans la peau d'un anormal. Par exemple, lorsqu'un 26 Juin 2009 le journal radiophonique du matin m'informe de la mort de Michael Jackson, j'ai beau me forcer, prendre du recul, l'énormité de l'événement ne me frappe pas au premier abord, voir même au deuxième. Ah bon, Michael Jackson est mort ? Mais ça veut dire qu'il était vivant, alors ? Ça c'est une nouvelle, pour le coup…
Pour aggraver mon cas, alors que sur France Inter les commentateurs prennent une voix grave, que l'heure est à l'émotion, me revient immédiatement en mémoire une vieille blague :
-Quelle est la différence entre un sac de supermarché et Michael Jackson ?
-L'un est en plastique blanc et dangereux pour les enfants, l'autre sert à emporter les commissions.
C'est malin.
N'empêche qu'il faut me rendre à l'évidence : la mort de Michael Jackson est un événement visiblement planétaire, et pour cause : l'artiste était le premier (et sans doute le dernier) spécimen de chanteur pop totalement mondialisé. Sept-cent-cinquante millions d'exemplaires de l'album « Thriller » vendus dans le monde, excusez du peu. Du coup, on peut dire que sa mort marque symboliquement la fin d'une industrie désormais officiellement sinistrée, celle du disque.
De Los Angeles à Pékin, de Stockholm à Cape Town, à l'instant où j'écris des millions de fans se recueillent, prient, chantent, allument des bougies, que sais-je encore. On n'est même pas certain que Jean-Paul II a eu droit à autant de ferveur (mais bon, en même temps, ce n'est pas moi qui en ferai un fromage).Un succès planétaire, une disparition dont l'impact est planétaire, c'est logique. Mais pourquoi donc ça ne me fait rien, à moi ? Pourtant, en 1983, à la grande époque du phénomène, j'avais vingt ans…
Un noir-pour-de-faux, une amérique de pacotille
Il y a qu'en ce temps-là - et aujourd'hui encore - mes oreilles vibraient au son du « Clash », de « Siouxsie & the Banshees » et de plein d'autres choses encore, mais surtout pas à celui de ces constructions funkoïdes débitées par un improbable sous-produit Motown dont déjà, à l'époque, on se sentait obligé de vous dire que « oui, mais quel danseur ». Michael Jackson était partout, sur toutes les couvertures de magazines, embusqué derrière le moindre écran de télé, débité au kilomètre par les toutes nouvelles radios « libres » gavées de pub genre NRJ, impossible d'y échapper.
Il y a qu'en ce temps-là, déjà ostensiblement vieux con avant l'heure, les couinements de belette à la queue coincée sous un rocher qui ponctuent « Billy Jean » avaient le don de m'exaspérer au plus haut point.Il y a qu'en ce temps-là, la déferlante Michael Jackson ressemblait, dans le domaine de la musique, à ce qu'avait été celle de Coca-Cola dans celui des boissons quelques trente-huit ans plus tôt : l'ubiquité comme argument de vente, l'« évidence » de la nécessité de consommer, sous toutes ses formes, une Amérique de pacotille, en l'occurrence un Noir-pour-de-faux.
« Ce siêcle avait deux ans, déjà Napoléon perçait sous Bonaparte », écrivait Victor Hugo. En 1983, le Reagano-Thatcherisme avait deux ans, déjà les « années fric » perçaient sous Mitterrand. « Années fric » dont le succès de Michael Jackson constituait un symptôme.
J'ai beau chercher, pas un poil de Bambi chez moi
Mitterrand, tiens, justement, parlons-en. Ce qu'il y a de bien, avec le Sarkozysme en marche, c'est qu'il ne se passe pas de jour sans que le Président ou l'un de ses proches ne sorte une énormité : vingt-quatre heures à peine après sa nomination, le tout nouveau Ministre de la Culture, le vibrionnant neveu de « Tonton », déclare sur Europe 1 à propos de la mort de la star : « On a tous un peu de Michael Jackson en nous ».
Et bien parle pour toi, cher Frédéric. Moi j'ai beau chercher, je ne trouve pas et je l'affirme haut et fort : pas l'ombre d'un quart de poil de Michael Jackson en moi.
D'abord je danse comme un fer à repasser, ensuite mon nez et ma couleur de peau sont d'origine, enfin je suis quasiment certain d'avoir plus de neuf ans d'âge mental. Parce que bon, faudrait pas nous faire, avec Michael Jackson, le coup du Duc de Guise (« Il est plus grand mort que vivant ») : n'oublions pas que le gentil Michael déclarait à qui voulait l'entendre qu'il rêvait d'être Peter Pan.
Star globale ou pas, tout porte à croire que la célébrité disparue était con comme une valise sans poignée. N'oublions pas non plus les vilains soupçons, jamais franchement éliminés, de tripotage de gamins. Ironie des temps : l'« icône planétaire », symbole incarné d'une certaine forme de mondialisation, celle du fric vite amassé par le « one size fits all », avait franchement du jeu dans la direction.
La mort d'un homme n'est jamais drôle, celle de Michael Jackson ne me fait pas rire. Mais quitte à m'isoler du genre humain, si j'en crois certains titres de médias me sommant d'agréer à la nature mondiale de l'événement, la vérité m'oblige à le dire : cette mort-là, somme toute, je m'en tape."

21.4.09

Si ! Les risques d’échec du préservatif ont été identifiés et prouvés scientifiquement !

Je vous livre un texte de Alain Toulza qui a le mérite de dire tout haut ce qu'on ne dit même pas tout bas :

"Sida. Le vaccin de la vérité", ouvrage que j’ai publié en 1995 sous le pseudonyme de Thomas Montfort, a produit des preuves irréfutables du mensonge associatif et officiel sur le taux de fiabilité du préservatif. Il rassemblait une somme unique de témoignages médicaux, d’enquêtes scientifiques et d’informations techniques de sources diverses et de haut niveau dont les plus importantes ont été soigneusement cachées par les autorités publiques. En particulier :

  • Une étude de la University of Texas, Medical Branch. Effectuée par onze équipes sous l’autorité du professeur Susan Weller et intitulée Meta-analyse de l’efficacité du préservatif dans la réduction de la transmission sexuelle du Virus HIV, indiquait une efficacité globale de 69% sur un an pour 100 rapports dans l’année (in Soc.Sc.Med., vol.36, n° 12, pp.1635-1664, 1993).
  • L’éditorial du New England Journal of Medicine du 11.8.1994 (volume 331 n° 6, p.391), qui rendait compte des travaux de la conférence internationale de Yokohama sur le sida (août 1994). Il a validé l’étude de synthèse du professeur Susan Weller; puis, à propos d’une enquête du Centre Européen pour la Surveillance Epidémiologique (CESE) du sida (en fait, une équipe de l’Hôpital national de Saint-Maurice) menée à l’initiative du ministre français de la Santé, il a exprimé le sentiment commun que "L’échantillon [des personnes suivies] n’était pas assez large pour écarter la possibilité d’une transmission dans un taux supérieur à 1,5% personnes-années parmi les utilisateurs réguliers du préservatif. " Ce que, dans un élan déjà mensonger, le pouvoir politique avait voulu faire croire par le biais d’une structure dépendante était sévèrement stigmatisé dans une instance internationale scientifique libre de toute pression. A noter que, rapporteure à Yokohama des travaux du CESE, la doctoresse Isabelle de Vincenzi concluait, dans la revue Biofutur de juin 1994 : "Le sexe sans risque (safe sex) exclut tout type de pénétration, avec ou sans préservatif, à la seule exception des relations entre partenaires non infectés et fidèles... Tout type de pénétration sexuelle avec une personne séropositive ou de statut sérologique inconnu comporte un risque potentiel... Des messages de prévention se donnant pour objectif, ne serait-ce qu’implicitement, d’atteindre un risque nul ne correspondent à aucune réalité ni psychologique, ni sociale, ni épidémiologique. "
  • Les révélations du chef de la section des Propriétés polymères du Naval Reserch Laboratory des USA, C.M. Roland : "La superficie des préservatifs apparait comme une surface couverte de cratères ayant un diamètre de 15 microns environ et d’une profondeur de 30 microns. Pire même, dans l’optique de la transmission du virus, nous avons découvert des canaux de 5 microns de diamètre, qui traversent la paroi de part en part. En d’autres termes, cela signifie qu’il existe des passages qui établissent un lien de communication entre l’intérieur et l’extérieur du préservatif et dont le diamètre est cinquante fois supérieur à celui du virus HIV. "

D’autres études citées corroborent ces vérités. Mais en 1995 déjà, au plus fort de la campagne de promotion du préservatif, il était impardonnable d’exprimer un point de vue contraire au discours officiel en la matière, et quiconque s’y aventurait était violemment pris à partie et qualifié de criminel. Pourtant, à l’occasion d’un recours en Conseil d’Etat intenté par une coordination d’associations (le C.I.D) contre sa circulaire du 15 avril 1996relative à la prévention du sida en milieu scolaire, François Bayrou, alors ministre de l’Education nationale, informé par les plaignants de la teneur des preuves scientifiques que révélait mon livre sur la fiabilité dangereusement limitée du préservatif, a totalement esquivé le débat. Le gouvernement - en premier lieu le ministre de la Santé, M. Douste-Blazy - s’est bien gardé de citer l’ouvrage en justice ou même d’en contester publiquement le contenu. L’auteur s’attendait, pour le moins, à une volée de bois vert en provenance des instances officielles concernées mises nommément en cause, ainsi que des associations dites de prévention. Il n’en a rien été et la presse aux ordres, largement attributaire d’exemplaires du livre, a, pour sa part, entouré ce dossier accablant d’un mur de silence. "Sida. Le vaccin de la vérité" a été diffusé, dans le cadre d’une troisième édition, en 5.000 exemplaires auprès des évêques d’Afrique francophone en 1996.
Aujourd’hui, ce livre n’a pas pris une ride. Il vient même d’être conforté en grande partie par un document des plus officiels, le Guide d’interventions prioritaires de l’OMS publié le 3 avril 2009. Ce Guide "… fournit des informations techniques sur toute une série de sujets, de la procédure à suivre pour élargir les programmes de préservatifs, aux dernières normes et directives thérapeutiques." Au point 1.2.1.1 intitulé Promotion et soutien de l’utilisation du préservatif (p. 16), il est écrit que "L’utilisation correcte et systématique du préservatif réduit le risque de transmission sexuelle du VIH de 80-90%." Si l’utilisation en est "correcte et systématique", c’est donc que le risque provient du "matériau" utilisé ! En fait, les travaux de recherche entrepris depuis dix ans pour améliorer la fabrication du condom n’ont toujours pas abouti à éliminer les plus petits (mais trop grands) microtrous. S’il en était autrement, le monde entier en aurait été informé à grands fracas médiatiques.

Alain Toulza est président du collectif Oui à la Famille, et l'auteur de deux excellents ouvrages politiquement incorrects parus aux Editions F-X de Guibert, qu'on peut se procurer auprès de l’Association Papa, Maman et Nous, 24 rue Louis Blanc, 75010 Paris.
Sida. Le vaccin de la vérité(121 pages):15 € port inclus. Le meilleur des mondes sexuels (345 pages): 25 € port inclus. Les deux volumes : 35 €, port inclus.

10.2.09

N'est pas champion qui veut !


Râleur patenté, j'avais envie de vous parler de mes dernières courses au Champion du centre-ville, dit des "Grands-Hommes". J'aime bien m'y rendre, car la livraison est gratuite pour les clients munis de leur carte maison et c'est à deux minutes de chez moi et tout près de mon cabinet. j'ai mes habitudes (de vieux ronchon) et une liste toujours à peu près pareille depuis quelques années. Quand je suis arrivé aujourd'hui, décide de faire rapidement un marché complet pour ne pas avoir à sortir tous les jours. Je me faufile dans les rayons. Pain de mie : tiens le pain Champion est remplacé par celui de carrefour. Le prix a changé, 50 c de plus. Passons. Un peu plus loin, rayon jus de fruits. Celui que je cherche manque. Normal, il est très bon et c'est le moins cher. en revanche, tous les autres sont là. Bon, ça peut arriver. problèmes d'approvisionnement. Un peu plus loin les pâtes (nous adorons ça et en consommons beaucoup). La marque Champion en distribue d'extraordinairement bonnes, made in Italy, pour moins de 1 euro le kilo. Là encore, le choix s'amenuise, le rayon se vide, remplacé par des produits Carrefour qui valent 50 c de plus. Quant au riz rond, nécessaire pour réussir un bon risotto mais aussi pour de délicieux desserts (la joie du rice-cooker merveilleuse invention asiatique), même chose : la marque la moins chère a disparu. A la place, un riz long Carrefour de plus de 1 euro.

Je commence à partir de là à m'impatienter. Rayon céréales, les Corn flakes Kellogs, les authentiques ne sont plus là. Rayon vide. En revanche les autres boites pleines de sucre de chocolat et autres ajouts chimiques sont alignées par dizaines. Je m'en plains à une employée. Sa réplique "c'est normal, les gens ne prennent que les moins chers alors on réduit le réassort pour que les gens achètent autre chose". On nous forcerait la main en quelque sorte. Idem au rayon lait : les packs les moins chers ne sont pas là. A la place des marques à 50 c voire 1 euro de plus. Idem pour le papier hygiénique, les mouchoirs en papier, le liquide vaisselle, la pâtée pour le chat (la pâtée Carrefour, cela dit en pensant, doit contenir de drôles de choses, car en dépit des quelques 20 c. de plus, notre chat n'en veut pas, alors que la pâtée Champion faisait ses délices...).

J'ai connu les magasins vides quand on traversait l'Europe de l'Est dans les années 70 pour se rendre en Turquie ou en Grèce. Mais c'était leur régime qui voulait cela. Je me souviens des rayons de nos grandes surfaces où le choix, la quantité surprenaient les visiteurs de pays moins favorisés... Les temps changent.

Arrivé à la caisse avec mon chargement on m'explique que "les produits disparaissent peu à peu pour être remplacés par la marque Carrefour". On s'en est rendu compte, merci mademoiselle ! mais pour les prix qui changent aussi quelle explication ? Le chocolat au lait Champion disparaît des rayons le vendredi. Étiquette à 1,10 euro les 3 plaques. Rayon vide deux jours puis remplacement par 3 plaques marque Carrefour...à 2,35 euros !

Un marché à 53 euros et des poussières qui me revenait il y a quelques mois à 40 euros. Les prix montent certes, mais le supermarché des Grands Hommes ajuste ses marges ce me semble. Résultat, comme me le suggérait une dame âgée très élégante qui a fait le même constat que moi : "il ne faut plus y aller. Moi, dorénavant je vais chercher une autre enseigne avec des prix plus bas". Adieu Champion des Grands-Hommes, je ne reviendrai plus.

Ce coup de gueule m'a remis en mémoire une anecdote dont j'ai été le témoin dans ce même magasin l'été dernier ou celui d'avant. Avec sa politique de réassortiment, l'attitude du responsable dans cette affaire permet de comprendre l'engeance.

J'étais à la caisse. Devant moi un pauvre bougre visiblement SDF l'air un peu hagard tenait d'une main du café et de l'autre un billet de 10 euros. Il attendait patiemment son tour. Quand il s'est retrouvé devant la caissière qu'il salua, un vigile s'est interposé et manu-militari, en le tutoyant, l'a forcé à poser son achat et a quitter le magasin : "tu n'as rien à foutre ici, on te l'a déjà dit, si tu reviens on appelle la police" et "on ne veut pas gens comme toi ici, dégage". Le pauvre type ne réagissait pas. il répétait seulement "mais j'ai de l'argent, j'ai de l'argent, je viens juste acheter du café". Le vigile l'a pris par l'épaule et l'a jeté dans l'escalier roulant qui remonte vers le niveau de la rue. Nous étions tous scandalisés part le "des gens comme toi on n'en veut pas ici". Nous étions plusieurs à entourer le vigile pour lui demander des explications sur son intervention. Peu assuré, comme la plupart des vigiles quand ils ont en face d'eux des gens propres sur eux qui demandent des explications et les forcent à raisonner, il s'écrie "ce sont les instructions de la direction, c'est un SDF, on n'en veut pas". Le problème, c'est que le SDF en question - pas du tout SDF d'ailleurs - était suivi dans le cadre d'une réinsertion sociale et faisait des petits boulots pour les commerçants de la galerie marchande et de la place. En l'occurrence, il venait chercher du café pour la buraliste. Celle-ci furieuse rejoignit notre groupe. J'expliquais au vigile maintenant entouré par cinq ou six personnes qu'on n'a pas le droit d'interdire à un client qui a de l'argent, qui ne fait pas de scandale, nid e bêtises et se comporte normalement, l'accès au magasin. Nous réclamons la présence du responsable. On se met même à crier pour que l'ensemble de la galerie marchande soit informée de ce qui se passe. Rien à faire. Le directeur ne daigna pas se déranger. Un monsieur menaça d'aller plus avant et j'ai su qu'il en parla le jour même à un journalsite de Libération qui fit un papier là-dessus. Discrimination avérée, racisme ordinaire, capitalisme outré. Bêtise surtout.

Voilà une raison supplémentaire de boycotter cette grande surface ! Si vous avez des témoignages du même genre : écrivez-moi, je les publierai !

Le Ministre des Factures Etrangères a encore frappé

Je vais encore faire grincer des dents, mais je ne peux pas m'empêcher d'en remettre une couche. Après tout ce blog est dédié à mes coups de gueule, à mes poussées d'urticaire, à mon ras-le-bol qui prend, c'est vrai, toutes sortes de formes et se trouve motivé par des milliers de petites choses qui mises ensemble représentent un ÉNORME ras-le-bol. Et ce n'est pas parce que je vieillis, que je tourne à l'aigri, râleur patenté pour qui rien ni personne ne sied plus. Mais avouez, au sujet de Kouchner, que le bonhomme est un fieffé coquin. Je sais que son espèce pullule depuis toujours et que les cabinets ministériels de tout temps en sont remplis. mais à ce point, j'en reste coi ! : Voyez ce qu'un ami, haut fonctionnaire bien en cour, vient de m'envoyer par courriel.
C'est la revue en ligne Bakchich qui l'a baptisé ainsi, Bernard Koucher est en fait le Ministre des Factures Étrangères. Bien qu'il se défende de tout mélange des genres entre son ancien boulot de consultant, sa casquette de ministre et son toujours actuel statut de gérant de société, et bien que son très subtil avocat, le célèbre Georges Kiejman, explique qu’il n’existe aucune preuve "du fait que Kouchner, étant devenu ministre, aurait réalisé n’importe quel rapport pour le compte de n’importe quel État étranger ", il apparait - preuves formelles à l'appui - Kouchner devenu ministre, a fait conclure au Quai d’Orsay un très gros contrat de santé publique au kurdistan irakien, au profit de ses proches amis. Et quel contrat ! Vingt-cinq jours de présence pour 275.466 euros. Dont des per diem de 1.150 euros par jour et par expert, (soit 2 fois plus que les tarifs conseillés par la Banque Mondiale qui les a fixé à 820 dollars, soit 630 euros)...

Il s'agissait d'organiser une vague conférence en avril 2009, avec aux commandes un ancien de ses conseillers à la Santé et ex patron de Médecins du Monde, Patrick Aeberhard. Pour souligner mes propos, lorsque je parle de "clique" (en attendant les claques), un détail amusant : ce médecin a été nommé professeur à Paris-VIII par son ancien président et grand ami de Kouchner, Pierre Lunel, lequel a intégré le cabinet du ministre, malgré l’instruction dont il fait l’objet au tribunal de Bobigny. Les soupçons de la justice portent sur le mélange des genres dont ce proche du ministre se serait rendu coupable à la tète de Paris-VIII en organisant de bien étranges mais juteuses missions médicales et culturelles... Ce ne sont pas des ragots mais des faits avérés.

A Erbil, capitale du Kurdistan irakien, se nouent apparemment de juteuses affaires. Îlot de tranquillité dans une zone en feu, cette jolie province est le passage obligé d’une bonne part du commerce entre l’Irak et son grand voisin turc. Voici une situation privilégiée et fort rentable, qu’il serait stupide de ne pas exploiter. Les Américains et les Russes connaissent le filon depuis des années.

L’ancien French Doctor y a posé sa mallette humanitaire en septembre 1974, pour dénoncer le le massacre des Kurdes par Saddam Hussein. C’était il y a bien longtemps… En tout cas longtemps avant que le ministre souligne avec emphase qu'on "ne fait une politique étrangère avec les droits de l'homme"... Mais à quoi pensez-vous donc, supides citoyens ! (c'est ce qu'il avait l'air de penser quand il prononça ces paroles).

Le 2 juin dernier, le ministre est revenu au Kurdistan pour inaugurer l’antenne locale de l’ambassade de France. Le Quai d’Orsay ferme des postes partout à travers le monde mais Kouchner en ouvre en terre kurde et nomme comme consul un ami à lui, Frédéric Tissot, survivant de Médecin du Monde. Et cette nomination vaut de l’or : l'heureux récipiendaire est nommé au tour extérieur, avec rang de ministre plénipotentiaire, un statut équivalent à l’ambassadeur de France à Bagdad, le risque en moins. Soit plus de 20.000 euros de traitement mensuel. Normal entre copains, la république est là pour payer.

Incorrigible, le ministre n’a pu s’empêcher durant son escale kurde, de proposer au gouvernement local une mission d’expertise en Santé publique. Après le Congo, le Niger, le Gabon... "C’était hallucinant", se rappelle un diplomate occidental qui a assisté à la visite, "le projet d’une mission sur la santé est le premier sujet, dont il a parlé avec Barzani (le Premier ministre kurde-NDR) et Yones" (le ministre de la Santé irakien).
Dès son retour à Paris, le ministre et son cabinet multiplient les notes pour que le projet se fasse vite. Le contrat transite par France Coopération Internationale (FCI) et cela le plus normalement du monde. Ce qui l’est moins, c’est que le coût de la mission, presque 300.000 euros, est hors norme. Quant à la facture elle même, que les journalistes de Bakchich ont consulté, elle tient en une modeste page aux intitulés vagues.

Autre surprise, l’opération est entièrement à la charge des Kurdes. De l’inédit, dans les contrats passés en matière coopération avec des pays étrangers. "Franchement, c’est une première", note un coopérant.
L’objectif de la mission est "la préparation d’un document de travail pour un plan national de Santé et d’organiser une conférence nationale sur ce sujet stratégique". Enfin, la conférence - selon un document de travail interne au Quai - pourrait être présidée par le ministre lui-même. Du moins s’il est encore ministre !


Vaste programme, qui ne va pas sans préparatifs. Selon les sources irakiennes, les experts vont se mettre au travail. Trois d’entre eux passent deux semaines à Erbil, puis une escouade de quatre spécialistes bat la campagne kurde pendant dix jours.

Heureusement, l’affaire reste entre de bonnes mains. L’ancien président de Médecins du Monde et ex- conseiller de Kouchner au secrétariat d’État à la Santé, Patrick Aeberhard, pilotera l’opération et doit même passer cinq jours sur place ! Mais son défraiement, au grand étonnement des officiels kurdes, n’a pas été budgétisé. Sans doute un oubli. Les consignes du ministre, relayées par son conseiller pour le Moyen Orient Christophe Bigot, avaient pourtant été limpides. L’ordre écrit avait été donné d’apporter toute l’aide matérielle nécessaire au Professeur Aeberhard, notamment pour ce qui concerne les frais de mission.
Du 22 au 25 février prochain, une mission économico-politique, forte d’une dizaines de parlementaires et de représentants de grandes entreprises françaises, dont Veolia, devait se rendre à Erbil, à l’invitation des autorités kurdes. Hélas, le député UMP Thierry Mariani, organisateur du voyage, a reçu mercredi 4 février, une lettre d’annulation. Avec un mot d’excuses, prétextant les élections à venir.
Dès que la rumeur d’une mission parlementaire, début janvier, a été évoquée dans les milieux dits "autorisés", le consul Tissot est entré en résistance. "Il semble qu’il ne voyait pas ce projet d’un bon œil, comme si on voulait lui voler son gâteau", explique un proche de Mariani. "Sitôt qu’un émissaire se pointait pour rencontrer les officiels", raconte un diplomate, "il lui collait aux basques et squattait presque tous ses déjeuners".
Quand, fin janvier, la mission Mariani adresse directement un courrier aux services du Premier ministre kurde pour dévoiler son programme, le consul explique à ses interlocuteurs kurdes que "C’est un faux". Les Kurdes s’étonnent, sondent leurs émissaires à Paris. Un nouveau courrier est envoyé, via le Quai cette fois. Trop tard. Les Kurdes ont préféré annuler la mission.

Les humanitaires ont remporté la première manche. Pour combien de temps encore ? Je viens d'apprendre que le président est à Bagdad. Il y a un rapport ? Vous en pensez-quoi vous ?

Cité par Jacques-François X., d'après Nicolas Beau et Xavier Monnier, in-la revue "Bakchich" dont je vous recommande vivement la lecture.

31.1.09

Bernard Kouchner : le premier qu'il faudra entarter (et encore je suis gentil)

Je ne sais pas vous mais ce bonhomme m'a toujours porté sur les nerfs. Arrogant, prétentieux, l'air pas très catholique, qui se retrouve, tout socialiste mitterandien qu'il était, ministre des Affaires Etrangères sans être diplomate, et qui veut faire du Quai, le "ministère de la mondialisation"... L'archétype de cette pseudo-élite parisienne dont les jours sont comptés et qui disparaitra de la mémoire de l'humanité en même temps que sa prétention et sa bêtise. Peuple de France, ta diplomatie est entre de sales mains. Il va falloir songer à nous réveiller et à bouter cette clique d'opportunistes loin du pouvoir. Préparons les tartes à la crème. Kouchner en mérite une belle et bien grasse ! Quelle suffisance. Non décidément je n'aime pas les faussaires ni les escrocs. La rumeur dit même que médecin il était pitoyable et que M.S.F. fut une aubaine pour lui. La preuve, le président l'a choisi pour occuper la direction du Quai d'Orsay. Quelle misère.

20.1.09

L'un de nos meilleurs rois mais ils le furent quasiment tous.

"Un souverain ne saurait rien de plus que d'inspirer à sa nation une grande idée d'elle-même". Lequel de nos rois a bien pu écrire cette phrase si belle et si forte ? Auriez-vous pensé à Louis XVI l'infortuné que deux siècles de propagande républicaine et laïque ont dépeint comme un petit gros, imbécile indécis et couard, soumis aux caprices d'une épouse dépensière sotte et capricieuse. Une institutrice un peu limitée apprenait même à la classe d'une de mes filles qu'il avait fallu tailler des arcs de cercles dans toutes les tables du palais de Versailles pour permettre à ce roi obèse de s'asseoir pour manger... Quelle infamie. En fait il était très grand pour l'époque, peu à l'aise en public certes et à la démarche hésitante. Mais au milieu de son peuple ou parmi ses ministres, il en imposait par sa bonté sincère avec les uns, sa connaissance parfaite et détaillée des dossiers avec les autres. On ne nous apprend pas cela dans les livres d'histoire de la République. Depuis 1793 ( et même avant), on nous rabat les oreilles avec une caricature acerbe et des mensonges éhontés. Propagande. Il fallait bien couvrir le dégoût du peuple pour ce parricide sans vraie justification que la soif de pouvoir et de richesse des nouveaux maîtres de la France. Le roi et la reine étaient très proches et partageaient le même goût pour la simplicité. Pour lui, ce fut la chasse, pour elle la Hameau et Trianon. Marie-Antoinette arrivée pleine de prévention contre son mari, fut conquise peu à peu par sa bonté et sa générosité. Elle l'aima tendrement. L'insurrection de 1789 les trouva tous deux en deuil : leur fils aîné, le dauphin qu'ils aimaient comme on aimait peu à l'époque, mourut quelques jours avant la prise de la bastille. Le mouvement populaire ne les toucha pas à côté de ce malheur qui venait de les frapper. La reine se rapprocha du roi et bien que plus conservatrice, elle partageait avec lui la même foi et se rangea à l'avis du roi lorsqu'il refusa la constitution civile du clergé, véritable dénaturation de la Sainte Église.
Le roi finança de nombreuses expéditions scientifiques sur ses propres deniers. Avec ses deniers justement et ceux de la reine, ils aidaient beaucoup de pauvres. Louis XVI dépensait peu pour lui. Des peintures, des meubles, des chevaux parfois, mais surtout des livres. Histoire, géographie, économie, diplomatie... Il possédait une bibliothèque scientifique de très haut niveau.
En d'autres temps, il aurait été adoré par son peuple, respecté par tous. Il le fut jusqu'à l'infâme travail de sape organisé peu à peu par les révolutionnaires. La guerre d'indépendance d'Amérique qui fut si coûteuse et qu'il hésita d'entreprendre tant il craignait pour la vie de ses sujets fut décidée dans son cabinet avec une vision géopolitique très sophistiquée. Il voulait une France puissante et sa marine surpassait alors celle de l'Angleterre. Il réorganisa l'armée, songeant à ouvrir les grades supérieurs aux officiers issus du peuple. Il réfléchit aussi sur la réforme des impôts de l'impôt et voulait faire payer chacun selon ses revenus. Il travailla avec d'éminents juristes pour élaborer ce qui deviendra plus tard le code Napoléon et qui aurait pu être dans l'histoire le Code Louis. Il lutta pour imposer l'abolition de l'esclavage et la suppression de la torture. Il était contre la peine de mort et voulut réformer les prisons. Il dénoua le joug qui pesait sur les juifs comme sur les protestants... Sa passion pour la science permit à celle-ci de faire des progrès que la révolution anéantit d'un coup. Lorsque la première montgolfière s'élança dans le ciel, il voulut être du voyage mais on l'en empêcha. Il imposa les tubercules de Parmentier à la table de Versailles et s'en régala ostensiblement pour décider le peuple à en manger. Oui, Louis XVI fut le premier à manger des pommes de terre. Expert en botanique, il entendait avec intérêt les rapports des jardiniers du Potager sur l'évolution des nouvelles variétés de fruits et de légumes dont la culture pourrait soulager la misère et éloigner les famines.
Ce n'était ni un guerrier ni un politique. Il était trop franc, trop droit, trop respectueux des autres. Presque trop croyant. Il ne voyait que la bonté et la charité et pensait que tout le monde agissait avec le même état d'esprit. Il montra certes beaucoup trop de faiblesse parce qu'il ne voulut pas imposer une fermeté qui eut pu coûter des vies. Erreur. Refuser de faire tirer sur les hordes qui envahirent les Tuileries amena les massacres que l'on sait. Il le regretta. Il n'eut jamais un mot dur pour sa cour qui lui devait tout mais l'abandonna en quelques jours, désertant les salons et les couloirs où elle passait sa vie, cherchant un regard, un signe, un sourire de son souverain. Combien d'ex-courtisans furent prêts une fois la révolution en marche à se dresser contre les infâmes qui mirent la France à terre et tuèrent le père ?
Oui, Louis XVI fut un bon roi. Un grand roi. Il accepta les privations, les vexations et les atteintes à sa dignité comme à celle de la couronne tant qu'il jugea que cela était pour le bien de la France. Mais lorsque les révolutionnaires s'en prirent à la religion, il refusa de se soumettre. Il voulut fuir, reprendre le pouvoir parce que fils aîné de l'Église, il devait défendre l'Église. Cela lui coûta la vie et à la France la terreur. L'immonde terreur, et le massacre de milliers d'innocents, famille royale en tête, qu'il nous demanda de ne jamais chercher à venger.
Voilà pourquoi, lorsque j'entends toutes les bêtises que l'on profère à son encontre, j'ai envie de jeter mes chaussures (pas mes Church mais de vieilles Pataugas sales et usées) à la figure des sots et des incultes qui rient de ce monarque. Mieux, je voudrais leur lancer au visage une de ces tartes à la crème que certains crétins médiatiques ont déjà eu le privilège de se prendre en pleine g..... (allez vous êtes sûrement comme moi, cela vous démange quand vous voyez ou entendez certaines "pipeule" qui ne sont que faussaires et crétins patentés, terrible désolation pour notre nation, ces tout-petits qui se prétendent importants : Bernard-Henry Lévy et Arielle Dombasle, Bernard Kouchner, Patrick Poivre d'Arvor, Lionel Jospin, Ségolène Royal, Rachida Dati, Thierry Ardisson, Fogiel, etc...). Mais tout cela est une autre histoire et la leur est en train peu à peu de toucher à sa fin...
Mais revenons à notre bon roi Louis. Il perdit la vie, en martyr, le 21 janvier 1793, sur la place de la Concorde. Une mort inutile.

10.1.09

Malades,pauvres et en retard...

Publié l'été dernier sur le blog de la Charente-Libre, ce texte d'humeur de Jacques GUYON qu'il fallait absolument que je vous fasse lire. Derrière l'humour, il y a vraiment de quoi pleurer. Bien entendu, tout cela doit être nuancé, comme pour le RMI, il y a des professionnels de la combine qui se retrouvent bénéficiaires de la CMU sans y avoir droit... Mais bon est-ce une raison ? Quand on vous dit que nous vivons un fascisme ordinaire et encore discret. Mais ce qui est rassurant, c'est que loin au-dessus de ces petits messieurs qui ne perçoivent la vie qu'au prisme du profit et de l'argent, il existe des hommes et des femmes, discrets, humbles et déterminés qui se frayent un chemin dans nos coeurs, et ont choisi de servir "Nos seigneurs les pauvres et les malades".
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écidément, l'aphorisme selon lequel il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade est plus que jamais d'actualité. Toutes les recettes semblent en effet désormais bonnes à prendre pour remettre la Sécu à flot. Et peu importe si ce sont les plus faibles qui trinquent. Après les taxes sur l'alcool, après la traque aux fumeurs et en attendant l'éradication des obèses, lesquels font l'objet d'une attention particulièrement intéressée de la part de Bercy et du ministère de la Santé, voilà que ce sont maintenant les "bénéficiaires" de la Couverture Maladie Universelle qui sont dans le collimateur. Dans une circulaire passée inaperçue avant qu'un collectif de médecins généralistes ne s'émeuve et alerte le journal L'Humanité, en même temps que la Haute autorité de lutte contre les discriminations, le directeur de la Caisse d'Assurance-maladie invite ainsi le corps médical à signaler les bénéficiaires du CMU qui auraient des "comportements inappropriés". Et le directeur de la CNAM d'expliciter sa pensée: on ne peut pas prétendre continuer à bénéficier du CMU, et donc à se faire soigner sans débourser un euro, si on est en retard à un rendez-vous médical, si on n'a pas pris soin de prévenir pour l'annuler, si on suit mal ou, pire, si on interrompt ses traitements et enfin si on présente à son praticien des... "exigences exorbitantes". Même si ce dernier critère reste ambigu, on ne peut s'empêcher de penser que ce qui apparaît sans doute "exorbitant" à la CNAM, c'est la gratuité des soins accordés à des pauvres lesquels ont, en plus, l'outrecuidance de se comporter comme s'ils étaient... comme les autres. On ne peut évidemment s'empêcher de penser qu'au train où vont les choses, la CNAM ne va pas tarder à étoffer sa liste des "comportements inappropriés". Est-il en effet tolérable que des malades bénéficiant de la CMU continuent à fumer leur clope, à se payer un apéro de temps en temps, à manger gras, à refuser de faire l'effort de "manger au moins cinq fruits ou légumes par jour" ? Tout ça rappelle furieusement les dames patronnesses du Grand Jacques et leur façon de gérer leurs bonnes œuvres en fonction de leurs "bons" pauvres... L'ennui, c'est que même si parfois les bénéficiaires du CMU arrivent en retard à leurs rendez-vous, ils sont de plus en plus nombreux à faire la queue dans les salles d'attente: aujourd'hui 17% des enfants de moins de 10 ans vivent dans un foyer CMU...

8.1.09

Le culturalisme comme le culturisme : de l'indigence mentale à l'état pur.

On a critiqué sa coiffure, son langage trop clair et trop peu politiquement correct. Madame Le Pourhiet, professeur de Droit Public a su exprimer devant la commission des lois de l'Assemblée Nationale, présidée alors par Monsieur Accoyer, l'aversion du droit pour ces aberrantes lois mémorielles qui sont autant d'outils supplémentaires vers la décrébralisation du peuple français. L'écouter est un régal et savoir que l'Université le plus souvent demeure lucide face aux exactions fascisantes de nos parlementaires de plus en plus incultes est bien réconfortant. Gageons que notre peuple un jour va se réveiller et que sa réaction sera un formidable coup de grisou qui réoxygènera la nation ! Merci Madame Le Pourhiet pour cette mise au point sans concession et fort salutaire. mais nos élus auront-ils entendu voire compris votre plaidoierie ? Tout le monde sait qu'il n'y a pas plus sourd que le sourd qui ne veut pas entendre. Dieu sait combien nos élus sont durs de la feuille !

10.12.08

Fabriquer des ânes pour disposer de boeufs

Je ne sais pas si vous pensez comme moi mais à écouter un entretien accordé par Xavier Darcos en octobre dernier à l'Express (visible sur le site du magazine), je me demande si nous ne marchons pas sur la tête. Le ministre présentait les grandes idées de "sa"réforme du Lycée. Le premier argument, présenté comme indubitablement important, sur lequel il insiste porte sur le nombre d'heures de cours. 30% de plus que les lycéens des autres pays d'Europe, vous vous rendez compte ?" assène-t-il avec emphase ! Mais que dirait-on alors du nombre d'heures dans les lycées d'il y a vingt trente ou cinquante ans, voire avant ? Nos chers petits qui sortent souvent du lycée sans rien savoir ou pas grand chose, tellement on saucissonne, tellement on bifurque et on édulcore les programmes, auraient trop d'heures de cours... Il parait, selon le ministre, que nous sommes tous d'accord là-dessus.
Et bien moi je ne suis pas d'accord. J'ai ressorti de mes cartons, l'emploi du temps de ma sixième, au Lycée Montaigne, en 1967. Avec en vrac, le latin obligatoire, l'anglais l'espagnol ou l'allemand (ou le russe), la chimie, la physique, l'histoire-géographie, les mathématiques, le français, les sciences naturelles (n'était-ce pas plus joli comme appellation que S.V.T. ?), j'avais cours du lundi au vendredi, de 8 heures à midi et de 14 heures à 17 heures, le jeudi matin de 9 heures à midi et le samedi matin de 8 heures à midi. Il y avait quinze jours de vacances à Noël, quinze jours à Pâques, les jours fériés et 45 jours l'été. Nous avions des devoirs à la maison, des heures de permanence surveillée où on nous donnait souvent des exercices et en plus de ces horaires de cours, nous étions presque tous inscrits à des activités supplémentaires (théâtre, chorale, compétitions, club chimie, philatélie, journal du lycée, etc...). sauf erreur nous avions en 6e, 32 heures de cours par semaine, plus les heures d'études et les heures dévolues aux activités extra-scolaires organisées dans l'établissement et plus ou moins obligatoires. Moins de vacances, beaucoup plmus d'heures que le reste du monde ? En tout cas des cerveaux mieux remplis, des apprentissages mieux acquis et des lycéens qui autant que je m'en souvienne ne se plaignaient pas de crouler sous les charges horaires...
Je trouve gravissime qu'un ministre en charge de l'avenir des jeunes générations, mais aussi de facto de leur intégration sociale, s'appuie sur un argument comparatif digne d'un vendeur de lessive pour justifier cette dégringolade. Il s'agit en fait, et c'est tordu, (bien digne en tout cas des cerveaux retors de nos énarques roués dont cette idée est l'émanation), de justifier la réduction des postes. Combien de professeurs en mois déjà ? Quand il faudrait former de plus en plus de maîtres et mieux les former (savez vous que le professeur de sciences-physique de mon fils, tout frais nommé au lycée, n'est pas capable de faire un cours sans fautes de syntaxes et d'orthographe dans une classe où beaucoup se destinent à Centrale, X ou Normale Sup... ). On va réduire les heures de cours de ces chers enfants pour nous mettre au même niveau que nos voisins européens. On va brader notre système éducatif pour atteindre le fond comme en Angleterre ou ailleurs. Et puis, soyons clairs ce sont des petits soldats dont nous avons besoin, pas trop formés, pas trop critiques, malléables et corvéables à merci pour servir les intérêts des multinationales et nous maintenir à un bon niveau dans la compétition économique internationale. Avec des ânes, nous fabriquons les boeufs de demain. Belle alchimie, Monsieur le Ministre.