9.11.09

Le 9 novembre 1970

Ce 9 novembre que l'Eglise catholique consacre à la Basilique Saint Jean de Latran fut le jour du coup d'Etat de Bonaparte, le fameux 18 brumaire, celui il y a vingt ans de la chute du mur de Berlin, de plein d'autres évènements. L'un des plus marquants pour moi dont je garde le souvenir avec le plus de mémoire, fut la mort du Général de Gaulle.
Je venais à peine de fêter mes 15 ans, le président allait fêter ses 80 ans à Colombey. Avec des amis, futurs militants, nous voulions lui adresser une carte de voeux... Pour les jeunes gaullistes enthousiastes que nous étions, sa mort, juste après son départ après le référendum sur la décentralisation, les images un peu tristes de son voyage en Irlande, son absence après vingt ans d'omniprésence, c'était beucoup à la fois. Apprendre sa mort fut un choc pour nous comme pour beaucoup de français. Même après mai 68, même dans cette France pompidolienne qui s'enfonçait peu à peu dans la mollesse et la modernité du libéralisme, qui oublierait vite la grandeur des idées du C.N.R et tournerait la page de la Résistance et de la décolonisation... Quatre ans plus tard V.G.E. deviendrait président au lieu de notre candidat de coeur, Chaban (autre chagrin qui nous attrista autant que la victoire de l'Union de la Gauche en 1981).
Ce 9 novembre 1970, je devins vraiment gaulliste et la photo du maire de Bordeaux dans le bureau ovale de la maison blanche en compagnie de J.F.Kennedy devint le pendant, sur la cheminée de ma chambre, du portrait du général que, sans peur du ridicule, j'ornais d'un ruban noir... Les années sont passées et le respect que je portais enfant au général comme à Jacques Chaban-Delmas, est resté aussi fort. Que diraient-ils tous deux de la France d'aujourd'hui et de ses dirigeants ?

8.11.09

No pain, no game ?

"Car en-deçà du bruit et de la fureur, l'histoire de notre humanité n'est qu'un lumineux tissu de solidarités secrètes."
Christiane Singer

Depuis mon plus jeune âge, j'aime participer au mouvement du monde, réfléchir aux choses, créer, bâtir. Le monde associatif m'a permis de mettre en pratique mes idées, de concrétiser mon envie de servir. Il y eut ainsi une assez ridicule "Société Philantropique du Bon Goût" dont l'objet était la propagation de la culture et du goût parmi les jeunes. Nous nous réunissions dans la grande salle à manger de la maison de mes parents aux hautes boiseries, et très sérieusement les jeunes lycéens que nous étions, élaborions des théories fumeuses sur les moyens à mettre en oeuvre pour faire aime Shakespeare et Racine plutôt que les feuilletons américains diffusés à la télévision (déjà), pour maintenir les traditions culinaires et les règles de politesses que nous trouvions immuables. Cette premire association n'eut qu'un temps. Puis vinrent les premières années étudiantes, avec d'autres, mes condisciples à sciences po, c'était dans les cuisines de nos maisons (les Chartrons et les abords du Jardin Public sont dotées de maisons aux cuisines en sous-sol ou en rez de chaussée, autrefois peuplées de cuisinières landaises et de soubrettes bretonnes, qui faisaient nos délices). Entre deux assiettées de jambon de pays et de lamproie à la bordelaise, nous étions les enfants des burgraves comme nous appelait Chaban. Chacun d'entre nous voulait être maire de Bordeaux. Le serions-nous tour à tour ou tous ensemble ? Aucun de nous jusqu'à présent ne l'a été ! Et puis  tout ce dont nous rêvions pour la ville Alain Juppé l'a fait... Ceux qui lui succéderont un jour - et ils seront plus jeunes que nous - n'aur'ontplus qu'un simple rôle de gestionnaire. Le bâtisseur, c'était lui. Nos réunions étaient souvent houleuses. il y avait Paul-Marie Couteaux, devenu député européen et auteur de nombreux livres, Xavier Larnaudie, le plus jeune et le plus brillant d'entre nous, Hervé Couteau-Bégarie, Sylvestre Allain-Dupré, d'autres encore... Lassés de chercher de nouvelles théories pour rebâtir le monde, nous avons pris chacun le chemin de l'accomplissement personnel. Etudiant engagé spirituellement, formé à Taizé, j'organisais aussi un "Groupe Oecuménique d'Etudiants", qui pendant des années se réunissait une fois par semaine, le lundi soir, pendant une demie-heurepour un temps de silence et de méditation. Les années passèrent, et je fondais "Aquitaine Jeunesse Idées Loisirs", histoire d'organiser des voyages entre copains, puis des expositions, des concerts. Ce fut la Première Semaine de Venise, qui n'eut pas de suite faute de moyens, et fit venir à Bordeaux le maire de Venise (son adjoint en fait) qui proposa un jumelage que personne alors ne prit au sérieux. Il y eut Venise cité du Cinéma, les Journées de la Francophonie, le Festival des Lettres d'Amour, la découverte de Joffo, de Kachtihi, de Jean Marc Comby... Puis avec les années de maturité, la PEEP, où je suis toujours (mon fils est à Montaigne et je siège à l'Union Départementale), les "Amis du Jardin Public" (ce jardin magnifique n'est plus que l'ombre de lui-même et les jardiniers attérés de n'avoir plus assez de moyens), l'Association des Parents d'Elèves du Conservatoire de Bordeaux, la Maison de Retraite Protestante...

Aujourd'hui, à 54 ans, c'est indubitablement le moment de faire des bilans. J'ai souvent sacrifié ma vie professionnelles à mes activités associatives. Parce que cela me passionnait, parce que j'avais l'impression d'agir et de contribuer bien mieux qu'en me contentant de mettre mon bulletin dans une urne quand l'Etat me le demande, bien plus qu'en m'inscrivant dans un parti politique ou une confrérie plus discrète. Mais, est-ce l'âge ou les temps qui changent, mes engagements, même les plus passionnants, me laissent désormais un goût parfois amer. Rien n'est jamais assez bien pour les autres, ceux qui ne mouillent pas leur chemise comme j'ai pu le faire, il y a toujours quelqu'un pour trouver à redire et le manque d'aide et de bonnes volontés, parfois simplement de bras, me contraignent à tout faire tout seul avec le risque de mal faire ou pire, de me tromper.

J'en arrive donc à me demander s'il ne vaut mieux pas rentrer dans le rang, vaquer à mes occupations personnelles, m'intéresser à ce qui peut contribuer à mon enrichissement moral et spirituel, et d'un point de vue matériel, ne plus me préoccuper que des miens, de leur confort et de leur avenir. L'exemple de mon père pour qui le service des autres était une véritable obsession, un sacerdoce, reste pourtant très présent. Il est mort d'avoir subi trop de critiques, trop de méfiance et entendu trop de médisances, quand il ne pensait qu'à autrui et sacrifia des pans entiers de sa vie familiale et sociale pour servir et aider. Mais il vivait dans un monde aujourd'hui disparu. Notre société en est arrivée à des attitudes bien paradoxales. Elle a besoin qu'on institutionnalise la solidarité pour se souvenir qu'il y a au coin de la rue un vieillard solitaire qui n'a plus de famille, des étrangers en difficulté, des malades et des pauvres et des laissés pour compte complètement perdus qui souffrent dans un monde méprisant d'opulence et où seule la réussite sociale compte... Continuer à agir, à son niveau, avec ses quelques compétences, son expérience et ses idées, est bien plus usant maintenant. J'avoue être désabusé de plus en plus souvent et rêver à une vie simple, tournée vers mes enfants, ma famille, mes amis où je consacrerai enfin du temps à cet autre que j'ai longtemps voulu ignorer et que je 'nai jamais écouté vraiment : Moi.

De l'idée de Nation

“Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé. Elles finiront… A l’heure présente, l’existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté qui serait perdue si le monde n’avait qu’une loi et qu’un maître.”

Ernest Renan, 1880



Bureau et bibliothèque de l'écrivain Ernest Renan à Tréguier, la maison, belle construction du XVIIe siècle se visite.


De l'écriture

"Quand on écrit bien, on a contre soi deux ennemis : 1° le public, parce que le style le contraint à penser, l'oblige à un travail ; et 2° le gouvernement, parce qu'il sent en vous une force, et que le pouvoir n'aime pas un autre pouvoir."

Lettre de Flaubert à Maupassant, le 16 février 1880.

27.10.09

Etre exemplaire, par Bertrand Renouvin

Je n'ai pu résister au plaisir de vous faire partager le bonheur qu'il y a souvent à lire les éditoriaux de Bertrand Renouvin dans sa revue "Royaliste". Voici la dernière réflexion que nous livre ce penseur libre et brillant, parue dans le numéro 955 daté du 19 octobre 2009 :

"Des polémiques qui concernent Frédéric Mitterrand, je ne veux rien dire car elles se déroulent dans la confusion des mots, des concepts, des critères de jugement. Les politiques, qu’ils soient militants ou hommes d’État, n’ont pas à se faire professeurs de morale : ils doivent au contraire entendre les leçons des théologiens et des philosophes et se soumettre à des injonctions qui les dépassent infiniment.

Une morale pleinement réalisée est l’idéal de la raison politique. Mais si cette intention est prise au sérieux, nous devons nous persuader qu’elle implique un effort révolutionnaire, d’une radicalité qui laissera sans voix nos télé-moralistes. Nous avons souvent montré en évoquant le judaïsme, le christianisme et nos modernes philosophies de la morale que nous sommes aujourd’hui à l’opposé de ce qui est prescrit dans l’ordre de la charité, de la justice, du travail, de l’échange, du prêt, du don, du service rendu à la collectivité, du simple souci d’autrui... Le principe de concurrence, le « management par le stress » sont des logiques de destruction de la personne humaine, de la relation humaine, de la société elle-même. Pourtant, on continue à « traiter » les suicides au travail comme un inconvénient passager, circonscrit, évitable par quelques aménagements dans la mise en condition psychologique des salariés.

Le cirque médiatique offre aux patrons et aux ministres maintes occasions de fuir leurs responsabilités et d’éviter de prendre les décisions radicales qu’impliquerait la « moralisation du capitalisme ». Ainsi, l’affaire Mitterrand fit diversion, par sa nature, non par le calcul de quelques manipulateurs. Elle déclencha un torrent de mots, une cavalcade de postures. Du matin au soir, on nous a parlé de sincérité, d’honneur, d’émotion... C’est le lexique des scènes de ménage. Il est triste de voir souffrir un homme pris au piège de ses propres aveux. Mais cet homme est ministre et ce qu’il nous dit est hors sujet – comme les bavardages bienveillants ou malveillants qui le concernent. La sincérité n’est pas un gage de rectitude politique. L’honneur, nul ne sait ce que c’est : l’individu fixe lui-même ses critères d’honorabilité et se réclame souvent d’une manière d’être aristocratique qui privilégie les grandeurs d’établissement et les jugements du clan. L’émotion n’a pas lieu de s’exprimer car le politique doit parler le langage de la raison, du droit, pour le service de l’État.

Si les responsables politiques voulaient éviter qu’on ne s’emballe plus à l’avenir sur de semblables affaires, il leur faudrait revenir aux vieux principes de la respublica :

Rigueur dans les nominations : un ministre doit être choisi au vu de son dévouement à l’intérêt général. Désigner une personnalité en fonction de son nom, de sa réputation médiatique, de sa séduction personnelle, c’est avouer qu’elle va faire semblant de gouverner, les véritables décisions étant prises à Matignon ou à l’Élysée. Accepter une nomination dans de telles conditions, c’est se rendre complice d’une imposture.

Rigueur dans l’attribution des portefeuilles : on sait depuis l’Antiquité que la politique n’est pas affaire de compétence. Nommer un agriculteur au ministère de l’Agriculture signifie qu’on aura un ministre des agriculteurs et non un homme d’État en charge de la politique agricole de la nation qui doit prendre en compte les agriculteurs mais aussi les échanges internationaux, la santé publique, l’environnement... Même chose pour la Culture : il vaut mieux ne pas avoir une sensibilité d’artiste pour établir un budget et répartir des subventions.

Ascèse du citoyen qui a l’ambition de devenir homme d’État (1). A droite comme à gauche, les exemples ne manquent pas : Michel Debré, Pierre Mendès-France, pour n’évoquer que les disparus. Nous ne savons rien de leur vie privée ni de leurs goûts. Dans leur manière de s’habiller, de serrer des mains, de parler devant un micro ou une caméra, il y avait une retenue qui incitait au respect, à l’admiration, parfois à un attachement passionné lorsqu’ils prenaient tous les risques – pour le pays et pour nous.

Qui ne le voit ? Le temps des grands serviteurs de tous n’est pas encore revenu."


Bertrand Renouvin

(1) Le militant qui sert une cause est dans une autre logique : il n’est un modèle ni pour les législateurs, ni pour les gouvernants.

23.9.09

Relire Yves Heurté pour ni haïr, ni oublier.

La camp est libéré.
Ses barbelés franchis
une abeille a osé
se poser sur son crâne.
Il s'arrête et se tait.
C'est un si grand vertige
de savoir qu'une abeille ne vous veut pas de mal!

(Yves Heurté -Mémoire du Mal)

A l'heure où les imposteurs qui nous gouvernent osent se réclamer de l'oeuvre immense et empêchée que fut le Conseil National de la Résistance, à l'heure où un totalitarisme diffus commence d'enfler encore timide mais déjà implacable, je voudrais vous recommander trois ouvrages d'une grande beauté, écrits par un humaniste disparu il y a quelques années, médecin-poète, philosophe et grand marcheur. Sans aucun mauvais esprit et sans vouloir manquer de respect à ceux que le suffrage universel a choisi (j'étais du nombre), lire ce grand monsieur et regarder ce que fut sa vie de service et d'amour, montre combien le french doctor et son maître sont des faussaires, de dangereux faiseurs qui en ne remuant que du vent, tentent de réinventer notre destin. Yves Heurté a vécu son adolescence à Bordeaux, et cette adolescence était du temps de l'occupation allemande et de la résistance, dont il fit partie, sans arrière-pensée, sans calcul, sans esprit partisan.
A l'heure où des gens osent envisager la nécessité de réduire le nombre d'habitants de la planète, où des hommes et des femmes pensent avoir le droit de décider de la vie ou de la mort de ceux de leurs semblables défaillants, enfants non désirés, vieillards ou grands malades, au nom d'une mensongère et prétentieuse pitié, il est fondamental de ne jamais cesser de lire et d'entendre les témoignages de ce que trop d'êtres humains ont vécu : guerres, massacres, déportations, génocides. Rien jamais ne pourra justifier l'innommable violence organisée. Yves Heurté, par son journal d'adolescence, par ses poèmes nous met en garde. Comme d'autres qui ont survécu, comme d'autres qui ont été témoins de l'horreur. Il faut faire lire aux enfants, sans autre but que l'éducation à l'humain, à l'amour du prochain, une résilience effective. Achetez ces trois ouvrages et faites les lire aux adolescents qui, devant l'impasse dans laquelle se retrouve notre civilisation, parfois peuvent être tentés par les solutions extrêmes que véhiculent au grand jour des mouvements politiques embués dans des remugles de la peste brune.
"L'innommable n’est pas poétique. J’ai quand même tenté de me laisser guider dans le sillage d’un Primo Levi, qui osa entrouvrir cette Gueule d’ombres pour témoigner de ce qu’il avait vu et vécu et nous alerter sans trop d’illusions. Un regard lucide sur notre monde nous montre que la Bête est toujours proche, qu’elle remue déjà ici et là, si elle ne nous mord pas encore.Si le retour de l’inhumain absolu, invention de l’homme, reste possible, il est peut-être temps encore de le combattre avec ces pauvres armes du poète que sont les mots."

Bibliographie de l'auteur en cliquant sur son nom dans le texte.
Voir aussi la page qui lui est consacrée sur le site du Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées(ici)et wikipedia(ici)et un billet très complet sur l'excellent blog de Michel Baglin (ici)

15.9.09

La chlordécone empoisonne l'avenir des Antilles

Madame Bachelot était chargée de l'environnement. Le monde entier interdisait - un peu tard - l'usage de la chlordécone, ce puissant pesticide inventé dans les années 50. Plusieurs milliers de tonnes étaient répandus dans le monde jusqu'en 1976, date à laquelle on se rendit compte officiellement de l'accroissement des cancers - notamment du pancréas - dans les zones agricoles où il était utilisé. Une dérogation gouvernementale permit cependant la poursuite de l'utilisation de ce poison en Martinique... Les bananeraies ont ainsi été polluées jusqu'à saturation. Le sous-sol de l'île pollué pour des siècles et l'eau, et la mer. Tant pis pour les nombreux cas d'atteintes neurologiques, l'INRA avait mis en garde le gouvernement devant l'incroyable progression de l'empoisonnement des poissons et des crustacés. Même les américains arrêtent toute utilisation de ce produit ultra-nocif ! Mais la dérogation est maintenue par le gouvernement français contre vents et marées jusqu'en 1993 ! Une plainte est alors déposée qui sera classée très rapidement. La minorité des grands propriétaires blancs, les békés, (2000 personnes) pousse le gouvernement de la métropole à maintenir l'autorisation d'utilisation. Aujourd'hui, principe de précaution oblige, le produit est enfin prohibé, mais le mal est fait pour des siècles. Il faudra en effet plusieurs centaines d'années pour éradiquer les nuisances suscitées par ce pesticide.
Encore une fois, les responsables dorment tranquilles dans leur lit tandis que des milliers d'innocents développent des maladies souvent incurables. A quand le réveil de l'humanité face à ces actes criminels, face aux grands groupes industriels et financiers, véritables maffieux qui jouent aux apprentis-sorciers et précipitent l'humanité dans la misère et le chaos ? Un jour prochain - beaucoup plus proche qu'on ne veut bien le dire - les antillais vont se révolter et le réveil risque d'être dur pour tout le monde. Il n'y a pas plus dangereux qu'un homme désespéré et trahi. C'est l'état d'esprit des paysans antillais qui ont perdu leur terre et leur liberté. Attention à ce que leur colère un jour ne se propage pas jusqu'à nous !

4.9.09

La grippe H1N1 : Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles.

Les enfants sont tous rentrés de leur première journée de classe avec parmi les nombreux formulaires habituels, un dépliant en papier glacé concernant la fameuse grippe dont on nous rabat les oreilles depuis quelques mois. Selon les établissements et le degré d'intelligence politique de leurs dirigeants, ces documents ont été distribués avec précaution et réserves ou enthousiasme et discours circonstancié et pathétique. Les enfants ne sont pas dupes et pour la plupart... rigolent.
Les plus grands se souviennent du ridicule de la grande peur de la grippe aviaire il y a quelques années. On craignait des mouvements de population incontrôlables, on avait presque selon certains formateurs mandatés par le ministère de la santé (ou bien était-ce par les industriels pourvoyeurs de vaccins ?), prévu d'utiliser l'armée. Nous allions devoir nous méfier de notre voisin dès qu'il reniflerait un peu et la catastrophe était imminente... Puis rien ne vient. Des millions ont été gaspillés pour barrer la route à la grippe meurtrière qui ne tua pas davantage qu'une grippe traditionnelle. Et là, voilà qu'on recommence à nous faire le coup du Bug de l'An 2000 !
Réfléchissez. Bachelot, cette épicière qui nous sert de ministre (imaginez-là derrière le comptoir d'un de ces magasins de "Comestibles" comme il en existait encore dans notre jeunesse, en blouse blanche, un crayon sur l'oreille, comptant et recomptant sa monnaie) part en vacances, et on n'entend plus parler de la grippe machin-truc. La voilà revenue, et la grippe avec elle. Ce qui fit dire à mon filleul de 8 ans : "ben, y a qu'à renvoyer Bachelot alors, la grippe partira avec elle !". La bouche des enfants est un puits de vérité.
On nous parle de pandémie. mais combien de journalistes savent la signification de ce mot (et combien parmi les sbires du ministre ?) : pandémie, mot venant du grec (pan = tous et Demos = le peuple), s'applique lorsque une maladie atteint la totalité ou un très grand nombre de personnes. Or la grippe dont on nous rabat les oreilles, si elle est effectivement coriace et peut s'avérer dangereuse pour les personnes fragilisées par l'âge ou une déficience immunitaire, comme toutes les maladies même bégnines, n'est rien qu'une grippe. Le simple bon sens devrait suffire pour éviter de l'attraper.
Et si les personnes directement concernées doivent se faire vacciner (personnel médical) et susceptibles de développer des complications (vieillards, grands malades), le reste de la population ne doit pas céder à la panique ni entendre le chant de ces sirènes dont les intentions sont loin d'être pures.
Pourquoi deux vaccins sinon parce qu'il y a des stocks en réserve et que ne pas les utiliser représenterait une perte sèche pour les laboratoires producteurs (Sanofi-Pasteur, GSK, Novartis, etc...) . Et tout le monde sait que l'industrie pharmaceutique est un lobby puissantissime. Tout le monde sait aussi que derrière une apparence populiste, nos dirigeants (droite et gauche cela s'entend) sont très à l'écoute des financiers et des industriels.
Bien que à l'OMS même on précise pourtant que "au niveau mondial, la mortalité est faible et ne concerne que des personnes déjà affaiblies. Dans la majorité des cas, les malades n’ont présenté que des symptômes bénins et leur guérison a été rapide et complète", nos dirigeants parlent de mesures de grande ampleur avec fermeture des écoles et des entreprises, quarantaines, hygiène (là un bon point quand on sait que se laver les mains n'est plus très en vogue chez nos chères têtes blondes et parfois même chez leurs parents), masques préventifs. Puis on en viendra à nous demander de dénoncer nos voisins si nous avons des doutes sur leur santé voire leur hygiène. Les horreurs inventées par Georges Orwell dans son roman 1984 ne sont décidément pas loin et ce n'est pas de la fiction.
Sans tomber dans la paranoïa des théoriciens du complot, il faut bien reconnaître que nous sommes mal barrés. Principe de précaution, suppression de magistrats trop regardants et trop peu malléables, réflexe sécuritaire des populations, aliénation par les bêtises télévisuelles, le foot et la camelote des supermarchés, journaux gratuits répandant les mêmes infos sans un seul regard critique, sans commentaire ni opinions contraires, utilisation du bling-bling par la classe politique pour se faire aduler ou simplement pour qu'on ne l'oublie pas... Notre société est bien mal en point, et la démocratie véritablement en danger. Ce qu'il lui faut, Messieurs-dames, c'est une bonne grippe !

24.7.09

Ils sont finalement trop drôles !

Dessin © Damien Glez
Pour rire un peu en ce temps de vacances et de farniente, et profitant de mon passage devant un cyber-café à Agon, juste un petit clin d'oeil. Des amis parisiens m'ont appris le surnom (délicieux et tellement bien adapté) de notre ministre des Affaires Étrangères. L'ineffable Kouchner, chantre de la RealPolitik est affublé du merveilleux surnom de Condorcet (allez je traduis en clair pour ceux dont les neurones sont un peu assoupis par le soleil et la plage : Con d'Orsay). Au même titre que le ridicule ne tue pas (il y aurait tellement de morts à chaque seconde et nous en serions peut-être vous et moi), un peu d'humour bête et grinçant ne nous rendra pas malade ! Après tout, nous sommes en démocratie n'est-ce pas et nous avons les gouvernants que nous méritons...

14.7.09

Les jeunes sont beaux nous dit Frère David


Frère David est dominicain, originaire de Martinique. Il a de nombreux apostolats, notamment : il est aumônier de Lycée, il a un apostolat dans la rue, il est appelé pour prêcher un peu partout, et il est aussi prieur du Couvent des Dominicains de Bordeaux. Titulaire d'une maîtrise en théologie, il a écrit, entre autre, un "pense-bête de la foi" sur cette question :
"Le pape est-il infaillible ?".


Il existe dans notre société, un phénomène indéniable que nous pourrions qualifier de racisme anti-jeunes. En effet, depuis quelques années, leurs agissements sont réprouvés sans discernement par une grande majorité. Or, ils ne font qu'exprimer la spontanéité, le dynamisme de leur âge face aux situations vécues et rencontrées. A part quelques extrêmes où la délinquance semble l'unique réponse à leurs problématiques. Les Jeunes sont beaux. Ils sont les étoiles des cieux en devenir. Ils sont ce que nous avons été dans une autre période. Et selon les périodes, les réponses diffèrent. Ce que nous ne saisissons point c'est la signification ontologique de ces réponses. Un regard plus clairvoyant, plus optimiste nous fait entrer progressivement dans leur Univers sans le violer. Ils sont beaux de la Beauté de l'Esprit qui les admire et les soutien dans leurs combats pour l'avenir. Oui, l'avenir est dans la paume de leurs mains. Il ne tient qu'à nous de les aider à le construire. Aucun individu sur cette terre n'est capable de s'édifier seul face à une société de plus en plus exigeante.
Nous devons impérativement leur donner les bases nécessaires pour qu'ils aient une colonne vertébrale solide. Serons-nous les parents ou éducateurs qui auront l'Amour suffisant pour conforter leur structuration ? Ou abandonnerons-nous lâchement les devoirs qui nous incombent ? Le Frère David n'évoque pas ces questions. En tant que Dominicain ayant voyagé sur de nombreux continents. Les Jeunes représentent à ses yeux, la braise qui couve sous le Feu. Les Jeunes sont flamboyants. Les Jeunes sont d'une beauté rare qu'il ne faut point détruire. Ils sont les fleurs du jardin de nos connaissances. Ils sont emplis de potentialités insoupçonnées. Telle est l'approche de Frère David Macaire. Telle est ma conviction profonde. Tous deux, nous connaissons bien les Jeunes pour vous affirmer qu'ils ne sont pas ce que les Médias en font. D'ailleurs, bon nombre de discours médiatiques ne servent qu'à entretenir les peurs et refus basiques de nos instincts animaux. Les Chrétiens ou Hommes et Femmes ayant une certaine Hauteur spirituelle ne peuvent se laisser piéger par de tels propos. Les Jeunes sont beaux. A nous d'épanouir dans un Respect absolu la splendeur de leurs métamorphoses. Que cette émission vous donne la Force de mieux comprendre nos chères têtes blondes.